(Chapitre 2, p. 37-46)
« Notre problème, les Cyngaëls »,
marmonna Dai en observant la ferme en contrebas à travers
les feuillages vert et or, « c'est que nous faisons
de bons poèmes et de mauvaises machines de siège. »
Un siège n'était un sujet pertinent ni de près
ni de loin. Le commentaire était tellement inapproprié
et si caractéristique de Dai qu'Alun rit tout haut. Pas
des plus sages, compte tenu de l'endroit où ils se trouvaient.
Dai plaqua une main sur la bouche de son frère. Après
un moment, Alun fit signe qu'il se contrôlait de nouveau,
et Dai ôta sa main avec un grognement.
« Quelqu'un de particulier que tu voudrais assiéger ? »
demanda Alun, assez bas. Il déplaça ses coudes
avec précaution. Les buissons ne bougèrent pas.
« Je pense à un certain poète », dit
Dai, ce qui n'était pas sage non plus. Il était
enclin à la plaisanterie, et son frère enclin à
en rire ; ils se trouvaient tous deux étendus sous
des feuilles, à contempler les bêtes qui paissaient
en contrebas. Ils s'étaient rendus dans le nord pour voler
du bétail. Les Cyngaëls s'infligeaient couramment
ce genre d'incursions.
Dai bougea rapidement la main, mais cette fois Alun resta coi.
Ils ne pouvaient se permettre d'être repérés.
Ils étaient seulement douze, onze, maintenant que Gryffèth
avait été capturé, et ils se trouvaient
bien loin au nord à l'intérieur de l'Arbèrth.
Pas plus de deux ou trois jours de la mer, d'après Dai,
même s'il n'était pas sûr de l'endroit exact,
ou de ce qu'était cette très vaste ferme à
leurs pieds.
Une douzaine, c'était un nombre tout juste suffisant pour
une expédition, mais les deux frères avaient foi
en leurs capacités, et non sans raison. Par ailleurs,
à Cadyr, on disait que n'importe lequel des leurs valait
deux Arbèrthins et au moins trois de la Llywèrth.
On comptait peut-être autrement dans les deux autres provinces,
mais ce n'était que vanité et vantardise.
Ou ce l'aurait dû. Il était inquiétant que
Gryffèth eût été si aisément
capturé alors qu'il était parti en éclaireur
à l'avant. La bonne nouvelle, c'était qu'il avait
prudemment emporté la harpe d'Alun, afin de passer pour
un barde en voyage. La mauvaise nouvelle, c'était que
Gryffèth, de manière notoire, ne pouvait ni chanter
ni jouer, sa vie en eût-elle dépendu. Si on le mettait
à l'épreuve là-bas, il serait démasqué.
Et sauver sa vie deviendrait alors une nécessité
pressante.
Aussi les deux frères avaient-ils laissé neuf hommes
hors de vue à l'écart de la route pour escalader
ce promontoire et élaborer un plan de sauvetage. S'ils
retournaient chez eux sans bétail, ce serait désagréable
mais non humiliant. Tous les raids n'étaient pas victorieux ;
on pourrait encore s'arranger pour en faire une histoire méritant
d'être contée. Mais si leur royal père, ou
leur oncle, devait payer une rançon pour un cousin capturé
au cours d'un raid sans permission sur le bétail d'Arbèrth
pendant une trêve proclamée par héraut, eh
bien ce serait... fort déplaisant.
Et si le neveu d'Owyn de Cadyr périssait en Arbèrth,
cela signifierait peut-être la guerre.
« Combien, tu crois ? murmura Dai.
- Vingt, plus ou moins ? C'est une grosse ferme. Qui donc vit
là ? Où sommes-nous ? » Dai
vit qu'Alun surveillait encore les vaches.
« Oublie le bétail, jeta-t-il d'un ton sec. Tout
est différent, maintenant.
- Peut-être pas. On les libère de l'enclos cette
nuit, quatre d'entre nous les dispersent dans la vallée,
au nord, le reste va chercher Gryffèth pendant que les
gens d'ici s'en vont les rassembler ? »
Dai jeta un regard songeur à son cadet. « Voilà
qui est d'une ingéniosité inattendue »,
dit-il enfin.
Alun lui donna un coup de poing sur l'épaule, assez fort.
« Va enculer une chèvre », ajouta-t-il
aimablement. « C'était ton idée à
toi. Moi, je ne fais que nous en sortir. Ne prends pas des airs
supérieurs. Dans quelle salle se trouve-t-il ? »
Dai avait essayé de le déterminer. La ferme - son
propriétaire, quel qu'il fût, était un homme
riche - s'étendait dans toutes les directions, d'est en
ouest. Il voyait le contour d'une grande salle au-delà
des portes à double battants en contrebas, et des ailes
qui s'incurvaient au nord à chaque extrémité
de cet édifice principal. Une demeure qui s'était
agrandie par étapes, certaines parties en pierre, d'autres
en bois. Ils n'avaient pas vu Gryffèth y être amené,
ayant seulement rencontré les traces d'un combat sur le
chemin.
Deux vachers surveillaient le bétail de l'autre côté
de la palissade, à l'est de l'édifice. Des adolescents,
qui agitaient constamment les mains pour se débarrasser
des vagues de mouches. Aucun homme armé n'était
apparu depuis que le groupe était entré par les
portes principales en échangeant des paroles furieuses,
juste au moment où les deux frères étaient
arrivés dans le hallier au-dessus de la ferme. À
quelques reprises, ils avaient entendu des voix distantes qui
s'élevaient à l'intérieur, et une fille
était sortie pour aller chercher de l'eau au puits. Sinon,
tout était chaud et tranquille, un après-midi somnolent
de fin de printemps, des papillons, le bourdonnement des abeilles,
un faucon qui virait dans le ciel. Dai observa pendant un moment.
Ce qu'aucun des deux frères ne disait, même s'ils
le savaient bien, c'était que tirer un homme d'une salle
bien gardée était des plus improbables, même
de nuit et avec une diversion, pas sans morts des deux côtés.
Pendant une trêve. Ce raid avait mal tourné avant
même de commencer.
« Sommes-nous certains qu'il est là-dedans ? dit
Dai.
- Moi, oui, dit Alun. Pas d'autre endroit plausible. Peut-être
le traite-t-on en invité ? Hum, pourraient-ils... »
Dai lui jeta un coup d'oeil. Gryffèth ne pouvait jouer
de la harpe qu'il portait, il était muni d'une épée
et d'une armure de cuir, il avait un casque dans ses fontes,
et il ressemblait exactement au genre de jeune homme - à
l'accent cadyrin, de surcroît - qui s'apprêtait à
jouer des mauvais tours, ce qu'il était.
Alun hocha la tête, sans que Dai eût parlé.
C'était d'une trop lamentable évidence. Après
un juron à mi-voix, Alun murmura : « Bon,
il est prisonnier. Nous devrons faire vite, savoir exactement
où nous allons. Allons, Dai, trouve-nous ça. Au
nom de Jad, où peuvent-ils bien le garder ?
- Par le saint nom de Jad, Brynn ap Hywll a tendance à
se servir de la salle située à l'extrémité
est de l'édifice principal pour y placer des prisonniers,
quand il en a. Si je me rappelle bien. »
Ils se retournèrent avec vivacité. Alun vit que
la dague de Dai était dégainée.
Le monde était un endroit bien compliqué parfois,
pénétré d'imprévisible. Surtout lorsqu'on
avait quitté son milieu familier et les apparences du
connu. Même ainsi, il y avait des explications raisonnables
à la présence de quelqu'un ici, maintenant, juste
derrière eux. L'un de leurs propres hommes pouvait les
avoir suivis avec des nouvelles ; un des gardes d'en bas
pouvait avoir inféré la présence d'autres
Cadyrins en dehors de celui qui avait été capturé,
et il était venu vérifier ; on pouvait même
les avoir épiés alors qu'ils escaladaient la colline.
Ce qui était extrêmement peu plausible, c'était
ce qu'ils voyaient. D'assez petite taille, les cheveux gris,
joues et menton rasés de près, l'homme qui avait
répondu à la question d'Alun leur souriait. Il
était seul, mains bien en évidence, sans arme...
et il portait une robe jaune défraîchie, mais révélatrice,
avec au cou le disque doré de Jad.
« Je pourrais ne pas me rappeler très bien, poursuivit-il,
affable, je ne suis pas venu ici depuis un moment, et la mémoire
flanche avec l'âge, vous savez. »
Dai cligna des yeux en secouant la tête comme pour dissiper
l'effet d'un coup. Un vieux prêtre les avait pris complètement
par surprise.
Alun s'éclaircit la gorge. Il avait retenu un détail
en particulier, un détail majeur. « Avez-vous
dit... euh... Brynn ap Hywll ? »
Dai était toujours muet.
Le prêtre hocha la tête d'un air bienveillant. « Ah.
Vous en avez entendu parler, alors ? »
Alun poussa un autre juron. Il luttait contre une panique croissante.
Le prêtre eut une expression pleine de reproche, puis gloussa :
« Vous le connaissez bel et bien. »
Évidemment qu'ils le connaissaient ! « Nous ne vous
connaissons pas », dit Dai, retrouvant enfin la parole.
Il abaissa sa dague. « Comment êtes-vous arrivé
ici ?
- Comme vous, j'imagine.
- Nous ne vous avons pas entendu.
- De toute évidence. Je vous prie de m'excuser. J'étais
silencieux. J'ai appris à l'être. Pas entièrement
sûr de ce que j'allais trouver, vous comprenez. »
Les longues robes jaunes d'un prêtre se prêtaient
mal à une escalade furtive, et cet homme n'était
pas jeune. Quelle que fût son identité, ce n'était
pas un religieux ordinaire.
« Brynn », marmonna sombrement Alun à l'adresse
de son frère. Le nom, et ce qu'il signifiait, résonnait
en lui. Son coeur lui martelait la poitrine.
« J'ai entendu.
- Quelle malchance, nous sommes maudits de Jad !
- Oui, eh bien... », fit Dai. Il se concentrait pour l'instant
sur l'étranger. « Je vous ai demandé
qui vous étiez. Je le considérerais comme une grande
courtoisie de votre part, si vous nous faisiez la faveur de nous
apprendre votre nom. »
Le prêtre sourit, amusé : « De bonnes
manières, dit-il, voilà qui a toujours été
caractéristique de la famille de votre père, quels
qu'aient pu être ses péchés par ailleurs.
Comment donc se porte Owyn ? Et votre noble mère ?
Tous deux vont bien, j'ose l'espérer ? Cela fait
des années... »
Dai cligna des yeux derechef. Tu es un prince de Cadyr, se rappela-t-il.
L'héritier de ton royal père. Né pour commander,
pour maîtriser les situations qui se présentent.
C'était tout à coup un rappel nécessaire.
« Vous avez sur nous un avantage total, déclara
son frère, sur tous les plans. » La bouche
d'Alun frémissait. Il trouvait bien trop de choses amusantes,
songea Dai. La marque d'un cadet. Moins de responsabilités.
« Sur tous les plans ? Eh bien, l'un d'entre vous a une
dague », dit le prêtre, mais il souriait. Il
laissa retomber ses mains. « Je suis Ceinion de Llywèrth,
serviteur de Jad. »
Alun tomba à genoux.
Dai comprit qu'il avait les mâchoires béantes. Il
les referma, se sentit devenir aussi rouge qu'un garçon
pris à paresser par son précepteur. Il se hâta
de rengainer sa dague et s'agenouilla près de son frère,
tête courbée, mains jointes en signe de soumission.
Un monde pénétré d'imprévisible.
Cet homme aux robes jaunes si peu imposantes, sur cette pente
boisée, c'était le grand-prêtre des trois
querelleuses provinces cyngaëlles.
Qui les bénit tous deux avec calme du signe de Jad.
« Descendez donc avec moi, dit-il, par le chemin que vous
avez emprunté pour monter. À moins d'objections
de votre part, vous êtes désormais mon escorte personnelle.
Nous nous arrêtons à Brynnfell sur le chemin qui
nous mène dans le nord à la cour d'Amrèn,
à Béda. » Il fit une pause. « Ou
désiriez-vous réellement attaquer Brynn dans sa
propre demeure ? Je ne le conseillerais pas, vous savez. »
"Je ne le conseillerais pas." Alun ne savait s'il devait
rire ou jurer de nouveau. Brynn ap Hywll était seulement
le sujet de vingt-cinq années de chansons et d'histoires.
Le Fléau des Erlings, c'était ainsi qu'on l'appelait
dans l'ouest. Il avait passé sa jeunesse à combattre
les raiders d'outre-mer avec son cousin Amrèn, qui régnait
désormais en Arbèrth, objet d'autres histoires.
Avec eux, en ce temps-là, s'étaient tenus le père
et l'oncle de Dai et d'Alun - et cet homme-ci, Ceinion de Llywèrth.
Leur génération avait repoussé Siggur Volganson
- le Volgan - et ses navires à tête de dragon. Et
Brynn était celui qui l'avait terrassé.
Alun prit une profonde inspiration pour se calmer. Leur père,
qui aimait discourir avec un flacon à portée de
la main, avait conté des histoires sur tous ces hommes.
Il avait combattu avec eux - et parfois contre eux. Dai, nos
amis et moi, nous sommes dans des eaux bien trop profondes, songea
Alun, tout en descendant du boisé à la suite du
grand-prêtre consacré des Cyngaëls. Brynnfell.
C'était Brynnfell, cette ferme en contrebas.
Ils avaient été sur le point de l'attaquer. Avec
onze hommes.
« C'est sa place forte ? » entendit-il Dai demander.
« Je pensais...
- C'était Édrys. Son château fort, vous savez ?
Au nord-est de Rhédèn, bien entendu, de l'autre
côté du Mur. Et il y a d'autres fermes. C'est la
plus grande. Il se trouve là, en l'occurrence.
- Quoi, ici ? En personne ? Brynn ? »
Alun s'efforçait de respirer normalement. La voix de Dai
avait une intonation stupéfaite. Son frère aîné,
qui manifestait toujours tant de sang-froid. Cela aussi aurait
pu être divertissant. Presque.
Ceinion de Llywèrth hochait la tête, tout en les
précédant dans la pente. « Il s'y trouve
pour m'accueillir, de fait. Bien aimable de sa part, je dois
dire. J'ai envoyé un message comme quoi je passerais. »
Il jeta un coup d'il par-dessus son épaule. « Combien
d'hommes avez-vous ? Je vous ai vus grimper, mais pas les
autres. »
Le ton du prêtre s'était fait incisif, tout à
coup. Dai lui répondit.
« Et combien ont été capturés ?
- Un seul », déclara Dai. Alun - frère cadet
- garda le silence.
« Son nom est Gryffèth ? Le fils de Ludh ? »
Dai hocha la tête.
Il les avait simplement entendus parler, se dit Alun. Ce n'était
pas un don de clairvoyance octroyé par Jad, ni rien d'effrayant.
« Très bien », dit le prêtre en se tournant
vers eux alors qu'ils sortaient des arbres pour reprendre le
chemin. « Je considérerais comme un gaspillage
de voir tuer aujourd'hui des hommes de valeur. Je ferai pénitence
pour cette supercherie, au nom de la paix de Jad. Entendez-moi.
Vous et vos compagnons, vous m'avez rejoint, comme convenu, à
un gué de la Llyfarch il y a trois jours. Vous m'escortez
vers le nord par courtoisie, et afin de pouvoir aussi visiter
la cour d'Amrèn à Béda, et prier avec lui
dans son nouveau sanctuaire, pendant cette période de
trêve. Vous comprenez bien tout cela ? »
Ils acquiescèrent, deux têtes qui s'inclinaient
de concert.
« Dites-moi, votre cousin Gryffèth ap Ludh, est-il
malin ?
- Non », déclara honnêtement Dai.
Le prêtre fit une grimace. « Que leur aura-t-il
dit ?
- Je n'en ai pas idée. »
Alun prit la parole : « Rien. Il n'est pas vif, mais il
sait garder le silence. »
Le prêtre hocha la tête. « Mais pourquoi garderait-il
le silence quand tout ce qu'il avait à dire, c'était
qu'il nous devançait pour avertir de mon arrivée ? »
Dai réfléchit longuement, puis il sourit : «
Si les Arbèrthins l'ont rudoyé en le capturant,
il se sera tenu coi juste pour les embarrasser lorsque vous vous
montrerez, mon seigneur. »
Le prêtre y réfléchit à son tour,
puis lui rendit son sourire. « Les fils d'Owyn seraient
malins, évidemment », murmura-t-il, satisfait.
« L'un de vous l'expliquera au fils de Ludh quand
nous serons à l'intérieur. Où sont vos autres
hommes ?
- Au sud d'ici, cachés à l'écart de la route,
dit Dai. Et les vôtres, mon seigneur ?
- Je n'en ai pas, dit le grand-prêtre des Cyngaëls.
Ou pas jusqu'à maintenant. Vous êtes mes hommes,
vous vous rappelez ?
- Vous avez chevauché seul depuis Llywèrth ?
- Marché. Mais oui, seul. Il me fallait réfléchir
à certaines choses, et c'est la trêve dans le pays,
après tout.
- Avec des brigands dans la moitié des forêts.
- Des brigands qui savent qu'un prêtre ne vaut pas la capture.
J'ai dit les prières de l'aube avec nombre d'entre eux. »
Il se remit en marche.
Dai cligna encore des yeux et le suivit.
Alun n'était pas certain de ce qu'il ressentait. Un curieux
soulagement, en partie. D'abord, cet homme était une figure
légendaire, et leur père comme leur oncle leur
avaient conté plusieurs des histoires qui le concernaient,
et ce même si, Alun le savait, il y avait eu entre eux
une dispute, dont il connaissait un peu les motifs. Et ensuite,
le grand-prêtre venait de leur épargner une folle
attaque contre une autre légende, dans sa propre demeure.
Un homme de Cadyr valait peut-être deux Arbèrthins,
mais cela ne s'appliquait pas aux guerriers de Brynn ap Hywll
- mises à part toutes chansons et autres vantardises mélodieuses
nées de la bière.
Ces hommes étaient ceux qui avaient combattu les Erlings
avant la naissance de Dai et d'Alun, alors que les Cyngaëls
vivaient dans la terreur de l'esclavage et d'une mort barbare
pendant trois saisons de chaque année, se réfugiant
dans les collines à la moindre rumeur des proues à
tête de dragon. Il était facile maintenant de comprendre
comment Gryffèth avait pu être si aisément
capturé. Ils n'auraient eu aucune chance d'attaquer la
ferme, cette nuit-là. Ils auraient été humiliés,
ou tués. Une vérité à laisser se
promener dans la tête telle la navette d'une fileuse.
Alun ab Owyn était très jeune ce jour-là,
un prince de Cadyr, et c'était le printemps le plus vert
de tous, dans les provinces des Cyngaëls, dans le monde.
Alun n'avait aucun désir de mourir. Il lui vint une idée.
« Mon cousin ne faisait que porter ma harpe pour moi, au
fait. Si on pose la question, mon seigneur. »
Le prêtre jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule.
« Gryffèth est incapable de chanter, expliqua Dai.
Non qu'Alun y soit si talentueux. »
Une plaisanterie, songea Alun. Dai était redevenu lui-même,
ou en bonne voie de le faire.
« Il y aura un festin, je suppose, dit Ceinion de Llywèrth.
Nous verrons cela bien assez tôt...
© 2005 Éditions
Alire pour la traduction et la présente édition
Pour
connaître la suite...