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Gueule d'Ange
de
Jacques Bissonnette
(Chapitre 2, p. 21-32)
Les maisons du quartier étalaient de pauvres façades
plantées directement sur le trottoir. La verdure était
rare; quelques arbres faméliques procuraient une maigre
ombre aux rues chauffées par le soleil. Anémone
jeta un coup d'oeil, avec une certaine gêne, sur des portes
ouvertes qui découvraient des habitats à l'allure
misérable.
- Où allons-nous?
- Interroger la fillette.
Anémone s'étonna du fait qu'un officier supérieur
voulût mener lui-même un interrogatoire aussi mineur.
- Mancini et Bernard ne l'ont-ils pas interrogée?
- Je veux en savoir plus.
Le lieutenant paraissait de mauvais poil et elle n'insista pas.
Ils évitèrent quelques itinérants armés
de sacs de papier, qui semblaient monter la garde devant un édifice
bardé de panneaux de contreplaqué, puis furent
interpellés par un groupe de jeunes aux chevelures multicolores
qui tendirent agressivement la main à leur passage. Stifer
ne leur offrit qu'un regard vide.
Ils empruntèrent une rue transversale et débouchèrent
dans un quartier à l'allure toute différente. Des
cottages de briques roses s'alignaient devant des parterres bordés
de fleurs pimpantes et d'arbustes taillés, jusqu'à
un petit parc propret agrémenté d'une fontaine.
Les lieux respiraient l'aisance et la tranquillité familiale.
La différence d'atmosphère avec le quartier adjacent
était saisissante. Pourtant, de nombreuses pancartes à
vendre émaillaient les parterres.
Ils arrivèrent devant un cottage semblable aux autres,
sauf pour les bacs à fleurs en plastique blanc qui paraient
les fenêtres. Il y avait un bateau à moteur, sur
une remorque, dans l'entrée du garage.
- Tu mèneras l'entrevue, dit Stifer.
- Pour demander quoi?
- Les petits détails.
- Du genre?
Stifer haussa ses épaules massives.
- Ceux que Mancini et Bernard ont ignorés.
- Mais...
Il appuyait déjà sur la sonnette. Désarçonnée
par le manque d'explications de Stifer, Anémone en conclut
qu'il désirait la mettre à l'épreuve. C'est
avec nervosité qu'elle aperçut un homme corpulent
leur ouvrir vivement, comme s'il guettait leur venue de derrière
la porte. Il portait un chandail blanc et un jean au ceinturon
orné d'une grosse boucle western. Une barbe matinale lui
noircissait le menton.
- Détective Laurent et lieutenant Stifer, dit Anémone
d'une voix aimable. Êtes-vous monsieur Therrien?
- Ouais!
- Nous aimerions poser quelques questions à votre fille.
- Nous avons déjà été interrogés
par des policiers. Vous avez juste à lire leur rapport.
- Il manque certains détails. Nous sommes de l'escouade
des homicides. Nous devons parler à votre fille pour compléter
sa déposition.
L'homme la dévisagea un long moment, comme s'il se trouvait
devant un colporteur particulièrement insistant et désagréable,
puis s'effaça pour les laisser entrer. Ils traversèrent
un salon orné d'un foyer en brique, jusqu'à une
salle à manger érigée en demi-palier, où
une fillette assise à une table de mica blanc dégustait
une glace. Elle observa furtivement les visiteurs, puis se remit
à racler le bol posé devant elle.
- Bonjour. Comment t'appelles-tu?
L'enfant ne répondit pas, se contentant de manger sa glace
en silence. Anémone interrogea le père du regard.
L'air irrité, il avait les yeux fixés sur la piscine
hors terre dans la cour arrière. Anémone se demanda
quelle mouche l'avait piqué pour qu'il réagisse
ainsi. Elle se tourna alors vers Stifer, mais le lieutenant lui
rendit un regard neutre.
- Tu manges une glace comme petit-déjeuner?
- C'est pour l'aider à passer ses émotions, dit
une femme vêtue d'une robe de chambre rose qui approchait
avec une cafetière. Vous voulez du café?
Anémone accepta. Après les avoir servis, la femme
passa une main dans les cheveux de sa fille et ajouta, d'une
voix affligée:
- Elle a eu tout un choc, ma petite fleur.
- Tu veux nous en parler? demanda Anémone.
La fillette demeura silencieuse, pendant que, sur l'écran
d'une énorme télé juchée sur le comptoir,
une jeune femme musclée s'adonnait avec entrain à
des exercices rythmiques.
- Explique-nous comment ça s'est passé.
Les cheveux d'Hélène lui couvraient le front. Ses
membres allongés et maigres montraient qu'elle s'engageait
dans une de ses premières poussées de croissance
de l'adolescence. Elle portait un chandail et une culotte courte
de couleur verte. Ses baskets à bandes lumineuses se balançaient
nerveusement sous la table.
- Hélène est venue me prévenir qu'elle avait
aperçu une fille malade dans le parc, dit enfin son père.
On y est allés ensemble. En la voyant, j'ai tout de suite
compris qu'elle était morte. On est revenus en vitesse
et j'ai appelé la police.
- Quelle heure était-il?
- Il était huit heures et quelques, répondit l'homme.
- Raconte-moi ta matinée en détail, dit Anémone
en se penchant vers la fillette.
- Elle l'a aperçue, puis elle est venue tout de suite
m'avertir, répondit de nouveau Therrien. C'est tout.
Anémone contint sa colère en se disant que le père
semblait vouloir empêcher qu'on entraîne sa fillette
dans un interrogatoire difficile.
- Cela lui fera du bien de se confier. Pourquoi ne pas me laisser
quelques minutes avec elle?
- Vous avez eu vos réponses, non? Alors, arrêtez
de la harceler! Elle va peut-être réussir à
oublier.
Anémone se tourna vers sa mère, cherchant un soutien
de son côté. Mais celle-ci lui dit plutôt,
d'un ton accusateur:
- Hélène est en état de choc, vous devriez
la laisser tranquille!
- C'est une procédure standard, intervint alors Stifer.
Les témoins juvéniles d'actes criminels sont toujours
référés à des professionnels en ressources
humaines comme Mme Laurent.
Il ouvrit la porte-fenêtre derrière lui et invita
les parents à sortir, d'un geste à la fois naturel
et impératif.
- Cela ne prendra que quelques minutes et vous pourrez les observer
de l'extérieur.
Anémone fut impressionnée par l'habileté
du lieutenant. Les parents furent d'ailleurs sensibles à
son aura de calme autorité. Ils sortirent sur le patio,
suivis par Stifer qui ferma soigneusement la porte coulissante
derrière lui. Anémone se tourna en souriant vers
la fillette pour lui demander, d'une voix amène:
- Dis-moi comment tu as découvert la jeune fille.
L'enfant leva la tête, exhibant ses lèvres barbouillées
de crème glacée. Elle jeta un regard en direction
de ses parents, immobiles derrière la porte-fenêtre,
puis se décida à raconter son histoire à
contrecoeur.
- Je faisais du patin à roulettes sur le trottoir quand
j'ai aperçu une drôle de forme couchée dans
le parc. Je suis allée voir et j'ai découvert la
fille. Elle paraissait mal en point. Je suis tout de suite venue
avertir mon père.
- Tu étais toute seule?
- Oui.
- As-tu vu d'autres gens dans les environs?
- Non, personne. Il était tôt.
- Tu la connaissais?
La fillette observa le trio derrière la porte vitrée
avant de répondre.
- Non.
- Sais-tu qui étaient ses amis?
- Je l'ai déjà vue avec d'autres jeunes, mais je
les connais pas.
- Quel genre de jeunes?
Elle haussa ses maigres épaules, puis répliqua,
avec une moue:
- Mon père veut pas que je les fréquente.
De jeunes itinérants, pensa Anémone.
- Qu'as-tu fait après l'avoir aperçue?
- Je me suis enfuie en courant.
- Tu savais donc qu'elle était morte?
La fillette répondit d'un ton douloureux:
- Rien qu'à la voir, c'était facile à deviner.
Son corps était tout croche, sa gorge était noire,
sa langue était sortie! C'était horrible!
Hélène se mit à pleurer, secouée
de longs soubresauts convulsifs. Le père fit coulisser
brutalement la porte et se précipita à l'intérieur,
avec un air si menaçant qu'Anémone eut l'impression
qu'il allait la frapper. Il s'arrêta à quelques
centimètres de sa fille, serrant convulsivement ses gros
poings, comme si c'était la seule façon de la consoler
qu'il connaissait. Sa mère surgit derrière comme
une tornade de mousseline rose et enveloppa sa fille de ses bras
joufflus.
- Ça va, ma petite fée?
Hélène leva un regard implorant vers son père,
dans le visage duquel se lisait autant l'amour que la crainte,
hocha la tête et renifla un bon coup.
- Pourquoi vous ne lui fichez pas la paix? demanda agressivement
Therrien. Faut qu'elle oublie!
- Il faut plutôt qu'elle s'exprime, répondit Anémone
en luttant pour conserver son calme. La pire chose qu'elle puisse
faire, c'est de refouler le traumatisme psychologique qui l'a
frappée. Elle deviendra angoissée. Elle fera des
cauchemars. Elle ne mangera plus et éclatera tout le temps
en sanglots. Ce sont des symptômes normaux, vous savez.
On traite beaucoup d'enfants pour cela.
- On fera ça une autre fois. Allez-vous-en, maintenant!
Anémone eut l'impression d'être en présence
d'une chaudière d'émotions brutes sur le point
d'exploser. Elle haïssait ce comportement agressif qu'elle
avait trop souvent constaté chez certains pères
d'enfants perturbés. Incapables d'exprimer leurs sentiments,
ils manifestaient violemment leur rage impuissante, trop obtus
pour comprendre que la délinquance de leur enfant n'était
souvent qu'un appel à l'aide désespéré.
- Je crois que nous devrions permettre à Hélène
de se reposer, dit Stifer.
Anémone observa Hélène à la dérobée.
L'air taciturne, elle fixait son bol de crème glacée
vide, comme si elle ne pouvait accepter de l'avoir terminé.
Elle soupira, déçue de la tournure de l'entrevue.
- D'accord.
Le lieutenant hocha la tête, comme pour saluer sa décision,
puis demanda à la mère:
- Vous pouvez emmener Hélène à sa chambre?
La femme s'empressa d'emmener la petite à l'étage,
comme si elle avait peur que les policiers ne changent d'idée.
Therrien s'apprêtait à les accompagner jusqu'à
la porte quand Stifer dit d'une voix calme:
- Le détective Laurent a quelques questions à vous
poser.
Le père grimaça, puis s'assit lourdement, sans
daigner leur offrir un siège.
- Racontez-nous ce qui s'est passé.
- Encore!
Il soupira, puis reprit, d'une voix ennuyée:
- Hélène est entrée en courant dans la cuisine,
tout énervée. Elle m'a dit qu'elle avait aperçu
une fille dans le parc Disraeli, qui paraissait mal en point.
Je n'ai pas trop porté attention à ce qu'elle disait.
Ce parc est envahi par des drogués et des prostituées.
On a beau se plaindre à la police, il y en a toujours
qui traînent. Je me suis dit que la fille en question devait
être soûle ou droguée. Mais Hélène
a insisté pour qu'on aille voir, elle disait que la fille
semblait morte. J'y suis allé avec Hélène.
J'ai tout de suite vu que la fille était fichue. On est
revenus à la maison, d'où j'ai appelé la
police. Voilà.
- Avez-vous aperçu des gens dans le parc?
L'homme ricana.
- Il n'y avait personne. Alors que, d'habitude, c'est plein.
Ils devaient s'être passé le mot. Ces rats ne sont
même pas fichus d'appeler l'ambulance.
Anémone tiqua devant la violence de la remarque.
- Vous connaissiez la victime?
Therrien la considéra d'un oeil peu amène, comme
si elle l'avait insulté.
- Je l'ai vue importuner du monde, répondit sa femme,
qui venait de réapparaître dans la cuisine.
- Importuner comment?
- Elle offrait des passes, répondit-elle avec une moue
de dégoût.
- Elle se prostituait?
- C'est ça.
- À qui offrait-elle ses services?
- Surtout à des automobilistes. Elle faisait du pouce,
quelquefois juste devant chez nous!
Therrien reprit, d'une voix acerbe:
- On a créé une association de quartier pour nettoyer
le coin de tous ces drogués et des prostituées,
mais la Ville et la police ne veulent rien faire. Ils se foutent
de nous autres! Du moment qu'on paie nos taxes, hein!
- Donc, la victime fréquentait des drogués et des
prostituées du quartier?
- Ouais, des drogués et des putes qui sont venus s'installer
dans le quartier avec la gang de Rosiers jaunes!
- Rosiers jaunes? Qu'est-ce que c'est? Un gang de rue?
- Une bande de débiles qui distribuent gratuitement des
seringues aux drogués! Tu parles de beaux cadeaux!
Il se leva de toute sa taille pour apostropher violemment Anémone
en pointant le doigt vers les portes vitrées qui donnaient
sur la piscine.
- Ils sont venus s'installer à deux rues d'ici, presque
dans ma cour! C'est mes taxes qui paient pour ça! On a
acheté par ici parce que la Ville promettait d'investir
pour rénover le quartier. Tout ce qu'ils ont trouvé
pour embellir la place, c'est d'aménager une maison pour
les drogués! Vous avez vu les pancartes, dehors? Tout
le monde veut vendre! Mais, bien sûr, personne ne veut
acheter! Nos maisons ne valent plus rien! On aurait dû
aller vivre en banlieue!
La femme commençait à s'énerver à
son tour.
- Ils jettent des seringues contaminées sur les terrains
de jeux des enfants, ils utilisent nos jardins comme toilettes,
ils font l'amour dans le parc! Mais comment est-ce qu'on peut
élever des enfants dans un quartier pareil?
- Pourriez-vous reconnaître certains amis de la victime?
- Vous n'avez qu'à vous promener dans le quartier, répondit
la femme d'un air écoeuré. Vous en trouverez partout!
- Faudrait les arrêter, dit le père. Je ne veux
pas que ma fille finisse elle aussi comme un rat crevé!
Anémone sursauta à ce mot. Elle était dévorée
par l'envie de remettre ce goujat à sa place, mais se
retint. Le maintien placide qu'affichait le lieutenant l'obligeait
à se tenir tranquille. Stifer se leva alors pour dire,
d'une voix lente:
- Je pense que l'entrevue est terminée. Merci de nous
avoir accordé ces quelques minutes.
Anémone salua la mère, mais ignora ostensiblement
le père. Stifer leur serra la main à tous les deux,
puis suivit Anémone.
- Quel abruti! dit Anémone lorsqu'ils furent dehors.
Stifer répondit d'une voix lasse:
- C'est un citoyen excédé par les drogués
qui pullulent dans son quartier. Il a peur que sa fille soit
contaminée, et il est à cran parce qu'elle a découvert
un cadavre près de chez lui. Ce n'est pas un caractère
facile, mais on peut comprendre sa colère.
- Ce n'est quand même pas une raison pour appeler cette
pauvre fille un rat crevé!
Stifer haussa ses épaules massives.
- Tu en entendras de bien pires. Si tu veux corriger les écarts
de langage de tout le monde, tu n'as pas fini.
Ils longèrent une série de cottages en brique absolument
identiques, aux parterres égayés des mêmes
tulipes rouges, puis empruntèrent la rue transversale
menant au parc Disraeli.
- Qu'as-tu conclu de ta conversation avec Hélène?
- Qu'elle mentait.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça?
- J'ai vu des dizaines d'enfants me mentir.
Stifer fronça ses sourcils broussailleux. Son épaisse
chevelure rebelle l'auréolait d'une couronne rouge qui
s'agitait au vent. Il demanda, d'un ton suspicieux:
- Qu'est-ce qu'elle cachait?
- Elle connaissait Claudia.
- Mais pourquoi aurait-elle menti?
Anémone haussa les épaules.
- Pour la raison habituelle. Les enfants mentent pour se défendre,
ou parce qu'ils ont peur. C'est une attitude de survie face aux
adultes.
- Elle aurait peur de qui? Du meurtrier?
- De son père.
Stifer secoua la tête, l'air agacé, puis il se remit
en route. Anémone se sentit piquée par le peu de
considération que le lieutenant paraissait accorder à
son observation. Elle avait pourtant rencontré des centaines
d'enfants à la DPJ. Elle savait de quoi elle parlait.
Ils croisèrent deux jeunes femmes arborant des bustiers
provocants, qui arpentaient le trottoir en tendant un pouce aguicheur
en direction des automobilistes. Puis ils furent sollicités
par une bande de punks aux casquettes crasseuses, attroupés
devant un immeuble aux fenêtres barricadées et couvert
de graffitis. Ils arrivèrent finalement à leur
voiture, garée près du parc où se trouvaient
encore de nombreux badauds.
- On retourne au poste.
Anémone prit de nouveau place derrière le volant.
Elle dut contourner un groupe d'adolescents qui se pourchassaient
en patins à roulettes au milieu de la chaussée,
puis engagea la voiture en direction de la rue Sainte-Catherine.
Ils traversaient le quartier gay, grouillant de jeunes hommes
minces aux cheveux méticuleusement rasés, quand
Stifer demanda brusquement:
- Tu penses que Therrien bat sa fille?
- Je n'irais pas jusque-là. Mais il lui fait peur, alors
elle lui cache certaines choses. Il lui défendait sûrement
de fréquenter des jeunes comme Claudia.
Ils gravirent la pente abrupte menant à la rue Sherbrooke
et qui longeait l'énorme bâtiment de briques jaunes
de l'hôpital Notre-Dame. Se tournant pour vérifier
s'il y avait quelque chose dans l'angle mort, Anémone
aperçut la main de Stifer posée sur le tableau
de bord, comme s'il désirait contrôler la fougue
de la voiture.
- Alors, arrange-toi pour interroger la fillette de nouveau.
- L'enquête n'est-elle pas celle de Mancini et de Bernard?
- Un coup de main n'est jamais de refus.
Anémone en doutait. Tout le monde était jaloux
de ses responsabilités, et les officiers de police ne
faisaient pas exception. Mancini et Bernard n'apprécieraient
pas qu'elle interroge leurs témoins sans leur autorisation.
Elle devrait donc faire équipe avec eux et se retrouverait
comme la troisième roue du carrosse. Ce serait une situation
peu réjouissante.
- Je travaillerai avec eux, alors?
- Non, tu es mon assistante. La victime est déjà
rendue à la morgue. Va d'abord demander un rapport préliminaire
à la pathologiste.
- N'est-ce pas un peu tôt?
Une lueur étrange brilla dans le regard de Stifer.
- Il n'est jamais trop tôt, ni jamais trop tard...
© 2001 Éditions
Alire
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