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Les Lions d'Al-Rassan

de

Guy Gavriel Kay

 

Traduit de l'anglais par
Élisabeth Vonarburg

 

 

(Chapitre 2, p. 33-42)

Après avoir réussi à s'accommoder du désastreux incident qui avait marqué le tout début de leur chevauchée vers le sud, Alvar avait trouvé que ce voyage était le moment le plus exaltant de sa vie. Guère surprenant ; il en avait rêvé tout le temps pendant des années et la réalité ne détruit pas immanquablement les rêves des jeunes gens. Pas tout de suite, du moins.
S'il avait été d'une nature un peu moins rationnelle, il aurait pu se laisser aller plus encore à la brève fantaisie entretenue alors qu'ils levaient le camp après l'invocation de l'aube, le cinquième jour de leur périple au sud de la rivière Duric : il était mort et il était arrivé par la grâce de Jad au Paradis des Guerriers, où il lui serait accordé de chevaucher pour toujours à la suite de Rodrigo Belmonte, le Capitaine, à travers les plaines et les steppes d'un éternel été.
La rivière se trouvait loin derrière eux, comme les fortifications de Carcasie. Ils avaient dépassé les fortins de bois de Baèze et de Lobar, de petits avant-postes récemment édifiés dans un désert. La compagnie traversait maintenant la haute étendue dénudée des tagras, dans un nuage de poussière, sous les rayons écrasants du soleil - cinquante cavaliers de Jad, en route selon les instructions du roi du Vallédo vers les fabuleuses cités des Asharites.
Et le jeune Alvar de Pellino était l'un de ces cinquante élus après avoir passé à peine un an parmi les cavaliers à Esterèn ; il accompagnait le grand Rodrigo - le Capitaine en personne - dans sa mission en Al-Rassan pour lever tribut. Des miracles arrivaient vraiment en ce bas monde, accordés sans explication, à moins que le Seigneur caché de l'autre côté du soleil n'eût exaucé les prières de la mère d'Alvar lors de son pèlerinage à la sainte île de Vasca.
Comme c'était là quand même une possibilité, Alvar se tournait désormais vers l'est chaque matin à l'aube pour l'invocation et remerciait Jad de tout son coeur, en prêtant de nouveau serment, sur le fer de l'épée donnée par son père, d'être digne de la confiance du dieu. Et, bien sûr, de celle du Capitaine.
Il y avait tant de jeunes cavaliers dans l'armée du roi Ramiro ! Venus de tout le Vallédo, certains pourvus de splendides armures et de magnifiques chevaux, d'autres dont les lignées remontaient jusqu'aux Anciens qui avaient régné sur toute la péninsule et l'avait nommée Espéragne, eux qui avaient les premiers appris la vérité du dieu-soleil et bâti leurs routes rectilignes. Et presque chacun de ces hommes aurait jeûné une semaine, aurait renoncé aux femmes et au vin, aurait sérieusement envisagé de tuer pour avoir la chance d'être entraîné par le Capitaine et se trouver pendant trois semaines entières sous le regard perspicace et calme de ses yeux gris. Pour faire partie, même à l'occasion d'une unique mission, de sa compagnie.
On pouvait rêver, voyez-vous. Trois semaines, ce n'était peut-être qu'un commencement, avec d'autres semaines ensuite, le monde offert telle une orange écorcée et ouverte en quartiers. Un jeune cavalier pouvait reposer la nuit sur son tapis de selle en contemplant les éclatantes étoiles adorées par les fidèles d'Ashar. Il pouvait s'imaginer en train de se tailler un étincelant chemin dans les rangs des infidèles pour sauver le Capitaine lui-même d'un danger mortel, se faire remarquer de lui et en être salué au coeur de la bataille rugissante puis, après la victoire, s'imaginer en train de boire du vin pur au côté du Capitaine, accueilli avec tous les honneurs parmi sa compagnie.
Un jeune homme pouvait rêver, n'est-ce pas ?
Le problème, pour Alvar, était que, dans le quasi-silence de la nuit ou pendant la rude chevauchée dont le rythme s'étirait sous le soleil du Seigneur, ces images infiniment gratifiantes avaient fait place au souvenir vivace et douloureusement affligeant de ce qui s'était passé le matin où ils avaient quitté Esterèn. Plus particulièrement à un souvenir du moment où le jeune Alvar de Pellino, joie et fierté de ses parents et de ses trois soeurs, avait choisi le mauvais endroit pour déboutonner son pantalon et se soulager avant de monter en selle avec le reste de la compagnie.
Un acte parfaitement raisonnable, pourtant.
Ils s'étaient assemblés à l'aube dans une petite cour adjacente nouvellement bâtie au palais d'Esterèn. Alvar, à qui l'excitation donnait presque le vertige, tout comme son effort pour ne pas le montrer, avait pris beaucoup de peine pour ne pas se faire remarquer. Il n'était ni timide ni embarrassé de nature, mais en cet instant, alors même qu'on était sur le départ, il craignait à demi, avec une épouvantable appréhension, que si on le voyait - Lain Nunèz, par exemple, le vieux et maigre compagnon d'armes du Capitaine - on ne déclarât sa présence une erreur évidente et on ne le laissât là. S'il arrivait rien de tel, il n'aurait bien entendu d'autre option que de se suicider.
En présence de cinquante hommes réunis dans l'espace clos de la cour, de leurs chevaux et des mulets de bât lourdement chargés, il était assez facile de passer inaperçu. Il faisait frais dans la cour, ce qui aurait pu induire en erreur un étranger à la péninsule, un mercenaire de Ferrière, par exemple, ou de Walesque. Il ferait très chaud plus tard, Alvar le savait ; il faisait toujours chaud en été. Le vacarme était considérable, des hommes s'affairaient et couraient en tous sens, transportant planches de bois et outils, poussant des brouettes de briques ; le roi Ramiro faisait agrandir son palais.
Alvar vérifia sa selle et ses fontes pour la vingtième fois en évitant avec soin de croiser le regard de quiconque. Il essayait d'avoir l'air plus vieux que son âge, de donner l'impression que cette mission l'ennuyait un peu - une mission de routine. Et il était assez intelligent pour se douter qu'il ne trompait personne.
Lorsque le comte Gonzalès de Rada s'avança sans avoir été annoncé dans la cour, vêtu d'écarlate et de noir - même à l'aube et au milieu des chevaux - Alvar sentit croître davantage encore sa fiévreuse anxiété. Il n'avait jamais vu auparavant le connétable du Vallédo, sinon à distance. Un bref silence tomba sur la compagnie de Rodrigo et, quand les préparations affairées reprirent, ce fut dans une atmosphère subtilement altérée. Alvar sentit frémir en lui une inévitable curiosité et tenta sévèrement de la réprimer.
Il vit le Capitaine et Lain Nunèz échanger un regard après avoir observé l'arrivée du comte. Rodrigo fit un petit pas à l'écart, se détachant des autres pour attendre l'homme qui l'avait remplacé comme connétable lors du couronnement du roi Ramiro. La suite du comte s'immobilisa sur un ordre et Gonzalès de Rada s'approcha seul. Il affichait un large sourire. Le Capitaine, constata Alvar, ne souriait pas. Derrière Rodrigo, Lain Nunèz détourna brusquement la tête et cracha avec ostentation sur la terre de la cour.
À ce stade, décida Alvar, ce serait mal élevé que de continuer à les observer, même du coin de l'oeil, comme il voyait les autres le faire tout en feignant de s'occuper de leur cheval ou de leur équipement. Un Cavalier de Jad, s'admonesta-t-il, n'avait pas à se mêler des conversations et des affaires des grands. Il tourna vertueusement le dos à la rencontre imminente et se rendit dans un coin de la cour pour s'occuper en privé de sa propre affaire pressante, de l'autre côté d'un chariot de foin.
Pour quelle raison le Comte Gonzalès de Rada et Ser Rodrigo Belmonte devaient-ils choisir, un instant plus tard, de marcher de concert vers l'ombre de ce même chariot, resterait pour Alvar de Pellino l'un des mystères à jamais irrésolus de l'univers.
On savait à travers les trois royaumes d'Espéragne que les deux hommes ne s'aimaient pas. Même les plus jeunes soldats fraîchement recrutés dans l'armée royale trouvaient moyen d'entendre quelques-unes des rumeurs de la cour. Comment Rodrigo Belmonte avait exigé du roi Ramiro, lors de son couronnement, de jurer sous serment qu'il n'avait pas été complice de la mort de son frère, avant que Ser Rodrigo lui-même offrît son serment d'allégeance, tout le monde connaissait cette histoire. Elle appartenait à la légende du Capitaine.
Elle pouvait même être vraie, avait cyniquement murmuré Alvar à des compagnons de beuverie, une nuit, dans une taverne à soldats. Il commençait déjà à être connu pour ce genre de remarques. Heureusement qu'il savait se battre. Son père l'avait averti plus d'une fois, à la ferme, que sa langue trop prompte lui serait plus un inconvénient qu'un avantage dans l'armée du Vallédo.
Nonobstant les fins commentaires des jeunes soldats, ce qui était bel et bien vrai c'était que même si Rodrigo Belmonte avait finalement prêté serment d'allégeance et si le roi Ramiro l'avait accepté comme son féal, le nouveau roi avait nommé Gonzalès de Rada connétable - une fonction que Rodrigo avait occupée sous le défunt roi Raimundo. C'était donc le comte Gonzalès qui était officiellement responsable, entre autres, de superviser la sélection et la promotion des jeunes hommes de tout le Vallédo à des postes dans l'armée royale.
Non qu'on n'eût vu la plupart des jeunes cavaliers déroger à l'opinion générale selon laquelle, si l'on désirait être bien entraîné, on faisait tout son possible pour se retrouver avec le Capitaine. Et si l'on voulait se voir compté parmi les soldats d'élite de la péninsule, du monde, on offrait en pot-de-vin de l'argent, de la terre, ses soeurs, si nécessaire son propre corps resplendissant de jeunesse à quiconque pouvait assurer une introduction dans la compagnie de Rodrigo.
Ce n'était pas comme si on aurait pu vous y faire entrer en échange de n'importe lequel de ces présents. Le Capitaine faisait ses propres choix, souvent inattendus, avec pour seul conseiller le vieux Lain Nunèz au sourire ébréché. De toute évidence, Lain n'était pas intéressé aux plaisirs supposés des garçons, et le Capitaine... Eh bien, cette seule pensée frisait le sacrilège, et de surcroît Miranda Belmonte d'Alvède était la plus belle femme du monde. Ainsi en convenaient tous les jeunes gens d'Esterèn, même si presque aucun d'eux ne l'avait jamais vue.
Ce matin-là, alors qu'il urinait contre une roue de chariot dans une petite cour du palais d'Esterèn, et entendait certaines paroles qu'il n'aurait pas dû ouïr, Alvar de Pellino était l'un de ceux qui n'avaient jamais rencontré l'épouse du Capitaine. Il n'avait jamais rencontré personne, en fait. Il avait quitté sa ferme du nord-ouest depuis un an à peine. Il n'arrivait pas encore à croire qu'on allait le laisser partir avec la compagnie ce matin-là.
Il entendit des pas et des voix qui s'approchaient de l'autre côté du chariot ; pas de quoi s'inquiéter : certains hommes ont besoin d'être seuls pour se vider la vessie ou les intestins ; ils ne duraient pas longtemps dans une armée. Juste au moment où cette pensée lui traversait l'esprit, Alvar sentit son aine se crisper d'une crampe si violente qu'elle coupa net le jet ruisselant. Il retint une exclamation étouffée en reconnaissant l'intonation ironique du Capitaine, puis comprit que la voix de l'autre homme - celle qui ressemblait à du miel en train de se répandre avec lenteur ­ appartenait au comte Gonzalès.
Il fallait une décision rapide, et Alvar de Pellino se trouva prendre la mauvaise. Frappé de panique, dans son souci irrationnel de ne pas se faire remarquer, il faillit se mettre à mal en retenant le reste de son eau et en gardant le silence. Il espérait avec ferveur que les deux hommes n'étaient là que pour échanger des plaisanteries avant de se séparer.
« Je pourrais arranger la mort de vos fils et l'incendie de votre rancho, dit Gonzalès de Rada d'un ton assez plaisant ma foi, si vous causez des problèmes en la matière. »
Alvar décida que le meilleur plan d'action, et de loin, consisterait à ne pas respirer pendant un moment.
« Essayez, rétorqua aussitôt le Capitaine. Se pratiquer à la défense contre une attaque, si incompétente soit-elle, fera le plus grand bien aux garçons. Mais avant de partir, expliquez-moi, je vous prie, comment c'est moi qui causerais des problèmes et non votre porc de frère.
- Si un de Rada choisit de mener un raid en Al-Rassan, en quoi cela vous concerne-t-il, Belmonte ?
- Ah. Eh bien, si tel est le cas, pourquoi vous donner la peine de me demander de fermer les yeux et prétendre ne pas le voir ?
- J'essaie simplement de vous épargner l'embarras de...
- Ne tenez pas pour acquit que tout le monde sauf vous est un imbécile, de Rada. Je collecte le tribut de Fézana pour le roi. La seule légitimité d'un telle réclamation est que Ramiro a formellement garanti la sécurité de la ville et de ses environs. Non seulement en ce qui concerne les brigands, son frère en Ruènde ou les autres roitelets d'Al-Rassan, mais aussi en ce qui concerne les bouffons dans sa propre contrée. Si votre frère veut effectuer des razzias pour se divertir, il a intérêt à ne pas le faire en ma présence. Si je le vois où que ce soit aux alentours de Fézana, je m'en occuperai au nom du roi. Vous lui rendrez un service si vous le lui faites bien comprendre. » Aucune plaisanterie, aucune ironie dans cette voix à présent, rien d'autre qu'un accent métallique.
Il y eut un silence. Alvar pouvait entendre Lain Nunèz aboyer des instructions plus loin, du côté des chevaux ; il semblait irrité ; c'était souvent le cas. Malgré tous les efforts convaincus d'Alvar, respirer allait bientôt s'imposer. Il le fit avec le plus de discrétion possible.
« Cela ne vous cause-t-il pas quelque souci, dit Gonzalès de Rada d'un ton faussement grave, presque doux, de partir pour les terres des infidèles après avoir parlé si rudement au connétable du Vallédo, en laissant votre pauvre épouse seule dans un rancho avec des enfants et des métayers ?
- En un mot, répliqua le Capitaine, non. D'abord, vous prisez trop votre vie pour faire de moi un véritable ennemi. Je ne serai point subtil. Si un homme dont je puis remonter la trace jusqu'à vous, n'importe lequel, se trouve à une demi-journée de cheval de mon domaine, je saurai comment agir, et j'agirai. J'espère que vous me comprenez bien. Je parle de vous tuer. Ensuite, je puis entretenir mes propres opinions quant à l'avènement de notre roi, mais je le crois juste. Que fera Ramiro, pensez-vous, lorsqu'un messager lui rapportera les termes exacts de notre conversation ? »
Gonzalès de Rada avait l'air amusé : « Vous joueriez vraiment votre parole contre la mienne devant le roi ?
- Réfléchissez un peu », dit le Capitaine avec impatience ; Alvar connaissait déjà bien cette intonation. « Il n'a pas réellement besoin de me croire. Mais une fois que la nouvelle de votre menace lui sera revenue aux oreilles - et en public, je vous le promets - que pourra faire le roi si ma famille venait à souffrir des dommages ? »
Il y eut un nouveau silence. Lorsque de Rada reprit la parole, son amusement s'était effacé. « Vous lui parleriez réellement de tout ceci ? Voilà qui n'est point sage. Vous pourriez me forcer la main, Belmonte.
- Comme vous venez de forcer la mienne. Considérez d'autres possibilités, je vous prie. Agissez en tant qu'aîné plus sage. Dites à cette brute de Garcia qu'on ne peut laisser ses divertissements compromettre la loi ni la politique royales. Est-ce vraiment demander trop d'autorité au connétable du Vallédo ? »
Un autre silence, plus long cette fois. Puis, avec prudence : « Je ferai ce que je puis pour l'empêcher de croiser votre route.
- Et je ferai ce que je puis pour qu'il le regrette s'il la croise. S'il manque à respecter la parole de son aîné. » La voix de Rodrigo ne trahissait ni triomphe ni concession.
« Vous ne rapporterez rien au roi ?
- Je devrai y réfléchir. Heureusement, j'ai un témoin si le besoin s'en fait sentir. » Sans plus d'avertissement, il éleva la voix : « Alvar, finis-en de ton affaire, au nom du Seigneur, tu y es depuis assez longtemps pour inonder la cour. Viens et laisse-moi te présenter au connétable. »
Alvar sentit son coeur venir subitement se loger bien plus haut qu'il n'aurait dû résider, et découvrit par ailleurs être maintenant aussi dépourvu d'eau que les sables du désert. Il referma avec maladresse les boutons de son pantalon et se détacha avec précaution de l'arrière du chariot. Écarlate d'embarras et d'appréhension, il constata que les traits du comte Gonzalès n'étaient pas moins colorés - mais ce qu'il lisait dans les yeux bruns profondément enfoncés dans leurs orbites, c'était de la rage.
L'intonation de Rodrigo était neutre, comme s'il n'avait pas eu conscience des sentiments d'Alvar ni du comte. « Mon seigneur Comte, veuillez me laisser vous présenter l'un des cavaliers de ma compagnie pour cette mission, le fils de Pellino de Damon. Alvar, salue le comte. »
Rempli de confusion, terriblement ébranlé, Alvar obéit. Gonzalès de Rada lui répondit d'un bref hochement de tête. L'expression du comte était aussi lugubre que l'hiver dans le nord, lorsque les vents s'abattent sur la contrée. « Je crois connaître votre père, dit-il. Il commandait un fort dans le sud-ouest sous le roi Sancho, n'est-ce pas ?
- La Garde de Maragne, oui, Monseigneur. Je suis honoré que votre bonté le rappelle à votre souvenir. » Alvar fut surpris de constater que sa voix lui permettait de prononcer ces paroles ; il demeura les yeux baissés.
« Et où se trouve votre père, maintenant ? »
Une question innocente, polie, mais après ce qu'il avait entendu derrière le chariot, Alvar eut l'impression d'y déceler une nuance de menace. Il n'avait pas le choix, cependant ; cet homme était le connétable du Vallédo.
« On lui a permis de quitter l'armée, Monseigneur, après une blessure subie lors d'un raid asharite. Nous avons une ferme dans le nord, à présent. »
Gonzalès de Rada resta longtemps silencieux. Il se racla enfin la gorge : « Si ma mémoire est bonne, c'était un homme fameux pour sa discrétion, votre père.
- Et pour sa loyauté envers ses chefs, intervint prestement le Capitaine devançant Alvar. Alvar, tu ferais mieux de monter en selle avant que Lain ne t'écorche les oreilles pour nous avoir retardés. »
Avec gratitude, Alvar s'inclina devant les deux hommes et se hâta de se rendre de l'autre côté de la cour où attendaient chevaux et soldats, dans un univers bien plus simple que celui dans lequel il avait malencontreusement basculé près du chariot...

© 1999 Éditions Alire pour la traduction et la présente édition


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