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Morts sur l'Île-du-Prince-Édouard
(Charlie Salter -5)

de

Eric Wright

 

Traduit de l'anglais par
Isabelle Collombat

 

 

(Extrait du chapitre 3, p. 42-53 )


Le père d'Annie était un médecin qui s'était lancé en affaires avant de finalement être un homme politique travaillant dans l'ombre ; il était maintenant l'un des principaux collecteurs de fonds du parti au pouvoir dans l'Île. Il avait entamé sa carrière politique trop tard pour occuper le devant de la scène, mais il prenait beaucoup de plaisir à s'acquitter de son rôle bénévole mais influent. Imposant et exubérant, il s'entendait bien avec tout le monde, du facteur au premier ministre. Il avait brillamment réussi sa carrière de médecin, mais quand il s'était chargé des affaires familiales à la mort du grand-père d'Annie, il avait trouvé cette nouvelle activité plus intéressante que la médecine ; il avait donc fermé son cabinet, sauf pour une demi-douzaine de très vieux patients qui le considéraient comme un magicien et refusaient qu'il les abandonne. Quand il avait découvert la politique, il s'était rapidement trouvé complètement absorbé par elle ; il avait donc finalement laissé à ses deux fils le soin de veiller aux affaires de la famille.
Salter était en bons termes avec son beau-père, mais il n'avait aucune relation particulière avec lui. Dès le début, il avait résisté à son intégration dans le clan des Montagu ; quand il se trouvait parmi eux, ses origines ouvrières remontaient à la surface et, sans être susceptible, il maintenait avec sa belle-famille une distance suffisante pour l'empêcher de supposer qu'il était l'un d'eux. Les quelque mille six cents kilomètres qui séparaient ordinairement leurs deux mondes lui facilitaient la tâche, mais lors du voyage annuel dans l'île, sa circonspection naturelle reprenait le dessus. À un moment donné, à une époque où il traversait une très mauvaise passe professionnelle, Annie - qui aurait dû se rendre compte de ce que cela représentait pour lui - lui avait transmis une proposition : il était le bienvenu s'il souhaitait se joindre aux entreprises de la famille Montagu sur l'île. La violence de la réaction de Salter lui avait montré, à lui ainsi qu'à Annie, que sa circonspection n'était jamais bien loin.
Malgré sa prudence - ou grâce à elle -, il était en bons termes avec sa belle-famille : il était courtois et aimable, mais jamais intime. Les Montagu lui faisaient bon accueil et dans la mesure où leurs manières à table n'étaient pas très différentes des siennes, il était capable d'apprécier leur compagnie pendant de longues périodes d'affilée.
Salter se servit une bière et ferma la porte, en se demandant bien ce que son beau-père avait à lui dire.
- Vous avez perdu tout votre argent et vous venez vivre avec nous à Toronto, lança-t-il pour l'inciter à parler. Parfait. Je vais préparer le sous-sol pour vous. Faire installer une salle de bains.
- Je préférerais aller ramasser de la mousse d'Irlande plutôt que d'aller vivre à Toronto. Non, c'est à propos de l'homme qui s'est fait tuer cette nuit. Clive Elton.
- Annie m'a dit que vous le connaissiez. Je suis désolé. Était-ce un ami ?
- Quoi ? Oh non ! Je le connaissais, ça oui. Nous travaillions ensemble sur un projet ces dernières semaines.
- Que faisiez-vous ?
- Il était sur le point de faire revenir le grand sceau d'argent sur l'île.
Troublé, Salter cligna des yeux. Il s'était préparé à présenter les condoléances d'usage pour la mort de Clive Elton, mais son beau-père le regardait avec excitation comme s'il attendait sa réaction, sans une once de chagrin. Salter prit une gorgée de bière.
- Ça ressemble à une des fantaisies d'Angus. Qu'est-ce que ce grand sceau d'argent ? Est-ce le Graal de l'Île-du-Prince-Édouard ? Un objet précieux perdu au fond de la mer lors du naufrage d'un navire et qu'on voit briller sous l'eau les nuits de pleine lune ?
- Non, ce n'est pas une légende.
Montagu se départit de son air pontifiant et poursuivit :
- Vous savez comme moi qu'un sceau, c'est ce que les gens utilisaient autrefois pour mettre leur marque personnelle avec de la cire. Le sceau d'une province, c'est ce que le lieutenant-gouverneur utilise pour estampiller les textes de loi, leur donner leur valeur légale. Quoi qu'il en soit, l'Île-du-Prince-Édouard avait autrefois un grand sceau, en argent, un sceau officiel. Il a disparu lors de la guerre d'Indépendance des États-Unis. Un navire américain, qui était censé faire le blocus de l'île - intercepter le ravitaillement en provenance d'Angleterre -, est venu à Charlottetown, où les membres de son équipage ont commis de nombreux pillages ; au passage, ils ont volé le sceau. C'étaient en réalité des mercenaires, j'imagine : en tout cas, ils ont agi comme de vrais pirates. Par la suite, George Washington s'est excusé pour leur comportement, car il avait donné pour instruction de ne faire aucun acte répréhensible. Le navire venait de Marblehead, dans le Massachusetts, et quand les marins sont rentrés au port d'attache, ils ont été sévèrement réprimandés, mais le butin n'a jamais été retrouvé. On a toujours supposé que le sceau avait été fondu ou bien qu'il se trouvait quelque part, dans les environs de Marblehead, probablement dans un grenier quelconque. Enfin, c'est ce qu'on croyait jusqu'à ces dernières semaines, quand le sceau a réapparu.
Montagu se leva pour vérifier que la porte était bien fermée.
- Sur l'île ?
- Non. Il était bien là où on le soupçonnait : à Marblehead. Apparemment, un collectionneur privé de là-bas l'a trouvé dans un lot provenant d'une vente aux enchères. Il en connaissait assez pour déterminer que l'objet venait du Canada, aussi a-t-il pris contact avec un revendeur de Toronto, qui a reconnu l'emblème de l'Île - vous savez, le grand chêne qui protège trois petits arbres. Le gars de Toronto a effectué quelques recherches et a fini par comprendre que ce que le collectionneur avait entre les mains, c'était le sceau manquant. Le revendeur a confirmé la description et a demandé à avoir quelques photos de l'objet. Ils n'ont pas ébruité la découverte avant d'être vraiment sûrs. Entre-temps, le collectionneur avait fait faire des tests qui ont prouvé que le sceau était bel et bien en argent du XVIIIe siècle. Apparemment, à chaque époque, on a mélangé l'argent à des matériaux différents pour le rendre exploitable, ce qui fait qu'en analysant un objet en argent, on peut dire à quelle époque il a été moulé ou fondu ou je ne sais quel terme encore. Ces résultats, joints aux photos, étaient plutôt concluants ; le revendeur a donc pris contact avec nous pour nous demander si nous voulions acheter le sceau.
- Qui ça, « nous » ?
- Le gouvernement, répondit Montagu, surpris. Eh bien, le parti, à vrai dire, ajouta-t-il avec un sourire entendu.
Le parti, répéta intérieurement Salter. Nous n'avons jamais parlé de politique. Sait-il que je ne voterais jamais pour son parti, même s'ils m'offraient le poste de chef de la police ?
- Et comment Elton s'est-il trouvé impliqué dans cette histoire ? demanda-t-il.
- Il est amateur d'antiquités. En fait, il s'intéresse à l'histoire locale. Il a beaucoup oeuvré pour le Conseil du patrimoine. C'est l'homme que n'importe qui consulterait dans un cas pareil. Je pense qu'il s'est taillé une petite réputation. Pourquoi me demandez-vous cela ?
- Parce qu'il a été assassiné.
C'est juste au cas où ça intéresserait quelqu'un, ajouta-t-il in petto.
- Je ne crois pas que ça ait un rapport quelconque avec le sceau. Il semble assez évident que ce pauvre Clive s'est mis en travers du chemin d'une brute du coin.
- J'imagine. Et alors, que s'est-il passé ? Pourquoi n'avez-vous pas acheté le sceau ?
- Oh, nous l'avons acheté. Ou en tout cas, nous avions convenu de le faire. Nous nous sommes mis à trois pour récolter les fonds nécessaires à l'achat afin d'offrir le sceau au gouvernement.
- Et c'est qui, ce « nous » ?
- Appelez-nous les « amis de l'Île ». Deux ou trois hommes d'affaires de la province. Ne soyez pas naïf, Charlie. Disons que nous sommes la « petite machine verte », le guichet automatique, quoi.
- Mais pourquoi le gouvernement ne pouvait-il pas acheter lui-même le sceau, tout simplement ? Pourquoi a-t-il fallu que des gens de l'ombre comme vous entrent en scène ?
- Normalement, c'est ce que le gouvernement aurait dû faire. Mais nous voulions que le sceau reste privé pendant quelque temps, et c'est difficile si les choses sont tout de suite officielles. Il faut absolument trouver quelqu'un qui n'est pas... Comment disent ces espèces d'idiots d'Ottawa, ces temps-ci ?... un vieux renard de la politique, c'est ça. Ce qu'il fallait, c'était un conseiller qui pouvait aborder la question au club nautique. Mais nous avons perdu notre avantage.
- Comment ça ? Vous avez bien le sceau, non ?
- Il y aura bientôt des élections, et le moment était plutôt opportun. Nous avions pensé annoncer la découverte du sceau une semaine avant le vote. Vous voyez, un événement du genre « Le gouvernement retrouve le patrimoine de l'Île ». Nous nous apprêtions à livrer à la presse une histoire rocambolesque décrivant comment une équipe secrètement formée par le gouvernement avait suivi la trace du sceau pendant des mois avant de finir par remettre la main dessus, sans que ça ait coûté le moindre sou aux contribuables, parce qu'un groupe de citoyens patriotes s'étaient entendus pour trouver l'argent et offrir le sceau à l'Île. Certains hommes politiques ont été élus pour moins que ça, surtout par ici.
D'après ce que Salter en comprenait, la politique de l'Île était simple à l'extrême. Pour qui voudrait étudier le fonctionnement du népotisme, l'Île constituerait un excellent laboratoire dépourvu de toutes les circonvolutions et complications rendues nécessaires par les dimensions de la politique fédérale de l'assiette au beurre.
- C'est comme si vous commenciez par utiliser une boîte photographique Brownie pour comprendre les principes de la photographie, expliqua Montagu.
Le gouvernement de l'Île n'avait pas d'emploi lucratif à offrir, pas de sièges gratuits sur Air Canada ni de postes diplomatiques juteux à Londres ou à Paris. Tout ce qu'il avait, c'était de l'emploi dans la voirie et le déneigement. Si un gouvernement libéral venait à être élu, les circonscriptions qui avaient voté libéral pouvaient s'attendre à ce que leurs routes soient réparées. Celles qui s'étaient prononcées en faveur du parti conservateur devaient attendre le scrutin suivant. Les boulots qui changeaient de main étaient principalement des emplois subalternes - de conducteurs de chasse-neige, par exemple -, mais les fermiers fauchés qui votaient correctement les acceptaient très volontiers.
- Et ça se chiffre à combien ? demanda Salter.
- Quoi ? Oh, vingt mille dollars.
- Est-ce un prix raisonnable ?
- Dieu seul le sait. L'objet est sans prix, mais plus on s'éloigne de l'île, plus il est relégué au rang de simple curiosité. Pour un Texan, le grand sceau d'argent serait sur le même plan qu'une chaîne de montre trouvée à Fort Alamo.
- Dans ce cas, pourquoi le gars de Marblehead a-t-il accepté de vous le vendre et comment en avez-vous déterminé le prix ? Pourquoi n'en a-t-il pas demandé un demi-million de dollars ?
- Nous n'aurions jamais pu réunir une telle somme. Ça représenterait environ quatre dollars par habitant de toute l'île. Ici, sur l'île, le sceau a une valeur inestimable, mais si ce collectionneur avait essayé de nous le vendre publiquement, il aurait risqué de se heurter à nos lois, à notre droit de reprendre possession d'objets historiques, surtout si ces objets nous avaient été initialement volés. Nous aurions pu demander au gouvernement fédéral d'intervenir. Comme pour les marbres d'Elgin. Je ne crois pas que ça nous aurait menés quelque part, mais je pense que c'est ce qui l'a incité à jouer de prudence. Dès que le sceau aurait traversé la frontière, nous aurions peut-être pu prendre les mesures nécessaires pour le faire saisir. Ainsi, les acheteurs potentiels n'auraient pu qu'être des États-Uniens pour qui le sceau n'aurait été qu'une curiosité, sans plus. Après tout, ce n'est même pas une oeuvre d'art. Je pense que ces arguments l'ont emporté. Elton a bien travaillé pour nous : nous avons fixé un prix et conclu un marché. Nous redoutions que le sceau ne disparaisse dans une collection privée quelconque pendant encore deux siècles.
- Mais s'il appartenait vraiment à l'Île, ne pouviez-vous pas demander au Pentagone ou à qui que ce soit d'autre de faire un peu pression sur le gars pour qu'il vous le restitue ?
- Vous n'avez pas compris, Charlie. Tout le monde, y compris le collectionneur, avait envisagé cette possibilité, ainsi que toutes celles que vous pourriez imaginer. Je vous ai donné une version un peu simplifiée de l'histoire. Quand il a pour la première fois approché le revendeur de Toronto, le collectionneur de Marblehead a pris bien soin de dire qu'il n'était pas personnellement en possession du sceau, mais qu'il savait où l'objet se trouvait et que son « client » insistait pour rester dans le plus strict anonymat, comme lui. Apparemment, ce genre de pratique est permise dans le milieu de la vente d'oeuvres d'art. En conséquence, si nous avions fait la moindre action énergique pour récupérer le sceau, il aurait disparu. C'est un peu comme lorsqu'un ravisseur menace d'exécuter sa victime au moindre coup fourré.
- Vous êtes sûr que ce n'est pas une arnaque, tout ça ? Ça m'a l'air sacrément louche.
- Qu'est-ce qu'il y a de louche là-dedans ? Rappelez-vous que le propriétaire nous avait certifié que l'objet était fait en argent du XVIIIe siècle. Nous avions des photos du sceau, photos qu'Elton pouvait étudier. Nous avions demandé qu'Elton puisse aller voir l'objet sur place, à Marblehead, mais le propriétaire a refusé. Il ne voyait pas comment il aurait pu protéger son identité. Nous avons alors dit que nous ne payerions qu'après réception du sceau et authentification par Elton. Le revendeur de Toronto mettait sa réputation en jeu dans cette affaire ; il a garanti à son client que nous ne ferions aucun coup tordu une fois que nous aurions le sceau entre les mains. Le collectionneur a donc accepté de livrer le sceau à Toronto. Nous avons ajouté que, s'il s'avérait plus tard que le sceau était un faux, nous voulions que le revendeur de Toronto nous garantisse que nous serions remboursés, et il a accepté. Il avait sans doute obtenu lui-même cette garantie de la part de son client. Toute cette affaire m'a permis d'apprendre que les marchands d'oeuvres d'art s'escroquent couramment entre eux quand ils en ont la possibilité, mais qu'une fois qu'un marché est conclu, leur réputation est en jeu, de sorte que leur parole fait office de caution. Quoi qu'il arrive, nous étions complètement protégés, que le sceau soit authentique ou non, et de toute façon, les sommes engagées n'étaient pas colossales.
- Et maintenant, que se passe-t-il ? Faut-il que vous repartiez de zéro ? Que vous trouviez quelqu'un d'autre pour vous représenter ? Où est le sceau, maintenant ?
- À Toronto, j'imagine. Elton était censé avoir tout réglé vendredi dernier, jour où il est allé à Toronto ; il devait y retourner cette semaine pour y prendre livraison du sceau. Le premier ministre devait dévoiler toute l'histoire au cours d'une conférence de presse, deux jours environ avant les élections. Rien n'a changé sur ce point, mais il faut que nous trouvions quelqu'un d'autre pour aller chercher le sceau. J'ai parlé aux autres ce matin quand j'ai entendu les nouvelles, et nous avons convenu qu'effectivement, ça ne changeait rien, sauf qu'il nous fallait un autre coursier pour aller à Toronto, quelqu'un de discret. J'en viens donc au fait, Charlie : ça ne vous dérangerait pas d'y aller ? J'irais bien moi-même, mais j'ai renoncé à prendre l'avion, et en train, c'est toute une expédition. Il me faudrait plus d'une semaine pour faire l'aller-retour. J'ai pensé que ça vous amuserait.
Comme il était privé de la compagnie de Fehely, Salter avait quelques jours de libres devant lui.
- C'est entendu, répondit-il. Quand dois-je partir ?
- Je ne suis pas sûr. Elton avait tout organisé par téléphone ; je vais donc appeler le revendeur de Toronto demain pour fixer le jour et l'heure. Merci, Charlie. Pauvre Clive. Il était aussi excité qu'un philatéliste qui trouve un Penny Black. Quand toute cette histoire aurait été révélée au grand public, il serait devenu célèbre. Dans la région, en tout cas. Mais rien n'est encore joué pour ce qui concerne les élections.
- Sans Elton, comment allez-vous authentifier le sceau une fois que je l'aurai rapporté ?
- Nous allons devoir faire confiance au gars de Toronto. N'oubliez pas que nous ne le paierons que lorsque nous serons certains de l'authenticité du sceau, mais l'argent n'est pas notre principal souci : nous ne voulons pas nous couvrir de ridicule plus tard. S'il s'agit d'une... Comment avez-vous dit, déjà ?... D'une arnaque, ça pourrait nous retomber sur le nez. Mais je ne vois pas comment on pourrait se faire avoir. Nous allons vérifier qu'il n'a pas été volé, même si le revendeur de Toronto nous l'a déjà garanti. Nous allons trouver un autre expert pour établir sa valeur, juste pour être sûrs, et ensuite, nous laisserons le Conseil du patrimoine y jeter un coup d'oeil en leur faisant jurer le silence. Ils vont adorer ça. Et après, nous révélerons toute l'affaire.
- Quand saurai-je la date du rendez-vous à Toronto ?
- Je vous appellerai demain après avoir parlé au revendeur. Restez discret, Charlie. Vous pouvez le dire à Annie, bien sûr, juste pour qu'elle sache que vous ne retournez pas à Toronto pour voir votre maîtresse, mais n'en parlez à personne d'autre. Même ma femme n'est pas au courant.
Oui, mais pas pour des raisons de sécurité, pensa Salter, juste parce que tous ces mystères t'amusent vraiment beaucoup.
- Entendu, je lui dirai que des agents du gouvernement - c'est-à-dire vous - m'envoient en mission secrète. Elle va mourir de rire...

© 2006 Éditions Alire pour la traduction française


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