(Extrait du chapitre 3, p. 42-53 )
Le père d'Annie était un médecin qui
s'était lancé en affaires avant de finalement être
un homme politique travaillant dans l'ombre ; il était
maintenant l'un des principaux collecteurs de fonds du parti
au pouvoir dans l'Île. Il avait entamé sa carrière
politique trop tard pour occuper le devant de la scène,
mais il prenait beaucoup de plaisir à s'acquitter de son
rôle bénévole mais influent. Imposant et
exubérant, il s'entendait bien avec tout le monde, du
facteur au premier ministre. Il avait brillamment réussi
sa carrière de médecin, mais quand il s'était
chargé des affaires familiales à la mort du grand-père
d'Annie, il avait trouvé cette nouvelle activité
plus intéressante que la médecine ; il avait
donc fermé son cabinet, sauf pour une demi-douzaine de
très vieux patients qui le considéraient comme
un magicien et refusaient qu'il les abandonne. Quand il avait
découvert la politique, il s'était rapidement trouvé
complètement absorbé par elle ; il avait donc
finalement laissé à ses deux fils le soin de veiller
aux affaires de la famille.
Salter était en bons termes avec son beau-père,
mais il n'avait aucune relation particulière avec lui.
Dès le début, il avait résisté à
son intégration dans le clan des Montagu ; quand
il se trouvait parmi eux, ses origines ouvrières remontaient
à la surface et, sans être susceptible, il maintenait
avec sa belle-famille une distance suffisante pour l'empêcher
de supposer qu'il était l'un d'eux. Les quelque mille
six cents kilomètres qui séparaient ordinairement
leurs deux mondes lui facilitaient la tâche, mais lors
du voyage annuel dans l'île, sa circonspection naturelle
reprenait le dessus. À un moment donné, à
une époque où il traversait une très mauvaise
passe professionnelle, Annie - qui aurait dû se rendre
compte de ce que cela représentait pour lui - lui avait
transmis une proposition : il était le bienvenu s'il
souhaitait se joindre aux entreprises de la famille Montagu sur
l'île. La violence de la réaction de Salter lui
avait montré, à lui ainsi qu'à Annie, que
sa circonspection n'était jamais bien loin.
Malgré sa prudence - ou grâce à elle -, il
était en bons termes avec sa belle-famille : il était
courtois et aimable, mais jamais intime. Les Montagu lui faisaient
bon accueil et dans la mesure où leurs manières
à table n'étaient pas très différentes
des siennes, il était capable d'apprécier leur
compagnie pendant de longues périodes d'affilée.
Salter se servit une bière et ferma la porte, en se demandant
bien ce que son beau-père avait à lui dire.
- Vous avez perdu tout votre argent et vous venez vivre avec
nous à Toronto, lança-t-il pour l'inciter à
parler. Parfait. Je vais préparer le sous-sol pour vous.
Faire installer une salle de bains.
- Je préférerais aller ramasser de la mousse d'Irlande
plutôt que d'aller vivre à Toronto. Non, c'est à
propos de l'homme qui s'est fait tuer cette nuit. Clive Elton.
- Annie m'a dit que vous le connaissiez. Je suis désolé.
Était-ce un ami ?
- Quoi ? Oh non ! Je le connaissais, ça oui. Nous travaillions
ensemble sur un projet ces dernières semaines.
- Que faisiez-vous ?
- Il était sur le point de faire revenir le grand sceau
d'argent sur l'île.
Troublé, Salter cligna des yeux. Il s'était préparé
à présenter les condoléances d'usage pour
la mort de Clive Elton, mais son beau-père le regardait
avec excitation comme s'il attendait sa réaction, sans
une once de chagrin. Salter prit une gorgée de bière.
- Ça ressemble à une des fantaisies d'Angus. Qu'est-ce
que ce grand sceau d'argent ? Est-ce le Graal de l'Île-du-Prince-Édouard ?
Un objet précieux perdu au fond de la mer lors du naufrage
d'un navire et qu'on voit briller sous l'eau les nuits de pleine
lune ?
- Non, ce n'est pas une légende.
Montagu se départit de son air pontifiant et poursuivit :
- Vous savez comme moi qu'un sceau, c'est ce que les gens utilisaient
autrefois pour mettre leur marque personnelle avec de la cire.
Le sceau d'une province, c'est ce que le lieutenant-gouverneur
utilise pour estampiller les textes de loi, leur donner leur
valeur légale. Quoi qu'il en soit, l'Île-du-Prince-Édouard
avait autrefois un grand sceau, en argent, un sceau officiel.
Il a disparu lors de la guerre d'Indépendance des États-Unis.
Un navire américain, qui était censé faire
le blocus de l'île - intercepter le ravitaillement en provenance
d'Angleterre -, est venu à Charlottetown, où les
membres de son équipage ont commis de nombreux pillages ;
au passage, ils ont volé le sceau. C'étaient en
réalité des mercenaires, j'imagine : en tout
cas, ils ont agi comme de vrais pirates. Par la suite, George
Washington s'est excusé pour leur comportement, car il
avait donné pour instruction de ne faire aucun acte répréhensible.
Le navire venait de Marblehead, dans le Massachusetts, et quand
les marins sont rentrés au port d'attache, ils ont été
sévèrement réprimandés, mais le butin
n'a jamais été retrouvé. On a toujours supposé
que le sceau avait été fondu ou bien qu'il se trouvait
quelque part, dans les environs de Marblehead, probablement dans
un grenier quelconque. Enfin, c'est ce qu'on croyait jusqu'à
ces dernières semaines, quand le sceau a réapparu.
Montagu se leva pour vérifier que la porte était
bien fermée.
- Sur l'île ?
- Non. Il était bien là où on le soupçonnait :
à Marblehead. Apparemment, un collectionneur privé
de là-bas l'a trouvé dans un lot provenant d'une
vente aux enchères. Il en connaissait assez pour déterminer
que l'objet venait du Canada, aussi a-t-il pris contact avec
un revendeur de Toronto, qui a reconnu l'emblème de l'Île
- vous savez, le grand chêne qui protège trois petits
arbres. Le gars de Toronto a effectué quelques recherches
et a fini par comprendre que ce que le collectionneur avait entre
les mains, c'était le sceau manquant. Le revendeur a confirmé
la description et a demandé à avoir quelques photos
de l'objet. Ils n'ont pas ébruité la découverte
avant d'être vraiment sûrs. Entre-temps, le collectionneur
avait fait faire des tests qui ont prouvé que le sceau
était bel et bien en argent du XVIIIe siècle. Apparemment,
à chaque époque, on a mélangé l'argent
à des matériaux différents pour le rendre
exploitable, ce qui fait qu'en analysant un objet en argent,
on peut dire à quelle époque il a été
moulé ou fondu ou je ne sais quel terme encore. Ces résultats,
joints aux photos, étaient plutôt concluants ; le
revendeur a donc pris contact avec nous pour nous demander si
nous voulions acheter le sceau.
- Qui ça, « nous » ?
- Le gouvernement, répondit Montagu, surpris. Eh bien,
le parti, à vrai dire, ajouta-t-il avec un sourire entendu.
Le parti, répéta intérieurement Salter.
Nous n'avons jamais parlé de politique. Sait-il que
je ne voterais jamais pour son parti, même s'ils m'offraient
le poste de chef de la police ?
- Et comment Elton s'est-il trouvé impliqué dans
cette histoire ? demanda-t-il.
- Il est amateur d'antiquités. En fait, il s'intéresse
à l'histoire locale. Il a beaucoup oeuvré pour
le Conseil du patrimoine. C'est l'homme que n'importe qui consulterait
dans un cas pareil. Je pense qu'il s'est taillé une petite
réputation. Pourquoi me demandez-vous cela ?
- Parce qu'il a été assassiné.
C'est juste au cas où ça intéresserait
quelqu'un, ajouta-t-il in petto.
- Je ne crois pas que ça ait un rapport quelconque avec
le sceau. Il semble assez évident que ce pauvre Clive
s'est mis en travers du chemin d'une brute du coin.
- J'imagine. Et alors, que s'est-il passé ? Pourquoi n'avez-vous
pas acheté le sceau ?
- Oh, nous l'avons acheté. Ou en tout cas, nous avions
convenu de le faire. Nous nous sommes mis à trois pour
récolter les fonds nécessaires à l'achat
afin d'offrir le sceau au gouvernement.
- Et c'est qui, ce « nous » ?
- Appelez-nous les « amis de l'Île ». Deux
ou trois hommes d'affaires de la province. Ne soyez pas naïf,
Charlie. Disons que nous sommes la « petite machine
verte », le guichet automatique, quoi.
- Mais pourquoi le gouvernement ne pouvait-il pas acheter lui-même
le sceau, tout simplement ? Pourquoi a-t-il fallu que des
gens de l'ombre comme vous entrent en scène ?
- Normalement, c'est ce que le gouvernement aurait dû faire.
Mais nous voulions que le sceau reste privé pendant quelque
temps, et c'est difficile si les choses sont tout de suite officielles.
Il faut absolument trouver quelqu'un qui n'est pas... Comment
disent ces espèces d'idiots d'Ottawa, ces temps-ci ?...
un vieux renard de la politique, c'est ça. Ce qu'il fallait,
c'était un conseiller qui pouvait aborder la question
au club nautique. Mais nous avons perdu notre avantage.
- Comment ça ? Vous avez bien le sceau, non ?
- Il y aura bientôt des élections, et le moment
était plutôt opportun. Nous avions pensé
annoncer la découverte du sceau une semaine avant le vote.
Vous voyez, un événement du genre « Le
gouvernement retrouve le patrimoine de l'Île ».
Nous nous apprêtions à livrer à la presse
une histoire rocambolesque décrivant comment une équipe
secrètement formée par le gouvernement avait suivi
la trace du sceau pendant des mois avant de finir par remettre
la main dessus, sans que ça ait coûté le
moindre sou aux contribuables, parce qu'un groupe de citoyens
patriotes s'étaient entendus pour trouver l'argent et
offrir le sceau à l'Île. Certains hommes politiques
ont été élus pour moins que ça, surtout
par ici.
D'après ce que Salter en comprenait, la politique de l'Île
était simple à l'extrême. Pour qui voudrait
étudier le fonctionnement du népotisme, l'Île
constituerait un excellent laboratoire dépourvu de toutes
les circonvolutions et complications rendues nécessaires
par les dimensions de la politique fédérale de
l'assiette au beurre.
- C'est comme si vous commenciez par utiliser une boîte
photographique Brownie pour comprendre les principes de la photographie,
expliqua Montagu.
Le gouvernement de l'Île n'avait pas d'emploi lucratif
à offrir, pas de sièges gratuits sur Air Canada
ni de postes diplomatiques juteux à Londres ou à
Paris. Tout ce qu'il avait, c'était de l'emploi dans la
voirie et le déneigement. Si un gouvernement libéral
venait à être élu, les circonscriptions qui
avaient voté libéral pouvaient s'attendre à
ce que leurs routes soient réparées. Celles qui
s'étaient prononcées en faveur du parti conservateur
devaient attendre le scrutin suivant. Les boulots qui changeaient
de main étaient principalement des emplois subalternes
- de conducteurs de chasse-neige, par exemple -, mais les fermiers
fauchés qui votaient correctement les acceptaient très
volontiers.
- Et ça se chiffre à combien ? demanda Salter.
- Quoi ? Oh, vingt mille dollars.
- Est-ce un prix raisonnable ?
- Dieu seul le sait. L'objet est sans prix, mais plus on s'éloigne
de l'île, plus il est relégué au rang de
simple curiosité. Pour un Texan, le grand sceau d'argent
serait sur le même plan qu'une chaîne de montre trouvée
à Fort Alamo.
- Dans ce cas, pourquoi le gars de Marblehead a-t-il accepté
de vous le vendre et comment en avez-vous déterminé
le prix ? Pourquoi n'en a-t-il pas demandé un demi-million
de dollars ?
- Nous n'aurions jamais pu réunir une telle somme. Ça
représenterait environ quatre dollars par habitant de
toute l'île. Ici, sur l'île, le sceau a une valeur
inestimable, mais si ce collectionneur avait essayé de
nous le vendre publiquement, il aurait risqué de se heurter
à nos lois, à notre droit de reprendre possession
d'objets historiques, surtout si ces objets nous avaient été
initialement volés. Nous aurions pu demander au gouvernement
fédéral d'intervenir. Comme pour les marbres d'Elgin.
Je ne crois pas que ça nous aurait menés quelque
part, mais je pense que c'est ce qui l'a incité à
jouer de prudence. Dès que le sceau aurait traversé
la frontière, nous aurions peut-être pu prendre
les mesures nécessaires pour le faire saisir. Ainsi, les
acheteurs potentiels n'auraient pu qu'être des États-Uniens
pour qui le sceau n'aurait été qu'une curiosité,
sans plus. Après tout, ce n'est même pas une oeuvre
d'art. Je pense que ces arguments l'ont emporté. Elton
a bien travaillé pour nous : nous avons fixé
un prix et conclu un marché. Nous redoutions que le sceau
ne disparaisse dans une collection privée quelconque pendant
encore deux siècles.
- Mais s'il appartenait vraiment à l'Île, ne pouviez-vous
pas demander au Pentagone ou à qui que ce soit d'autre
de faire un peu pression sur le gars pour qu'il vous le restitue ?
- Vous n'avez pas compris, Charlie. Tout le monde, y compris
le collectionneur, avait envisagé cette possibilité,
ainsi que toutes celles que vous pourriez imaginer. Je vous ai
donné une version un peu simplifiée de l'histoire.
Quand il a pour la première fois approché le revendeur
de Toronto, le collectionneur de Marblehead a pris bien soin
de dire qu'il n'était pas personnellement en possession
du sceau, mais qu'il savait où l'objet se trouvait et
que son « client » insistait pour rester
dans le plus strict anonymat, comme lui. Apparemment, ce genre
de pratique est permise dans le milieu de la vente d'oeuvres
d'art. En conséquence, si nous avions fait la moindre
action énergique pour récupérer le sceau,
il aurait disparu. C'est un peu comme lorsqu'un ravisseur menace
d'exécuter sa victime au moindre coup fourré.
- Vous êtes sûr que ce n'est pas une arnaque, tout
ça ? Ça m'a l'air sacrément louche.
- Qu'est-ce qu'il y a de louche là-dedans ? Rappelez-vous
que le propriétaire nous avait certifié que l'objet
était fait en argent du XVIIIe siècle. Nous avions
des photos du sceau, photos qu'Elton pouvait étudier.
Nous avions demandé qu'Elton puisse aller voir l'objet
sur place, à Marblehead, mais le propriétaire a
refusé. Il ne voyait pas comment il aurait pu protéger
son identité. Nous avons alors dit que nous ne payerions
qu'après réception du sceau et authentification
par Elton. Le revendeur de Toronto mettait sa réputation
en jeu dans cette affaire ; il a garanti à son client
que nous ne ferions aucun coup tordu une fois que nous aurions
le sceau entre les mains. Le collectionneur a donc accepté
de livrer le sceau à Toronto. Nous avons ajouté
que, s'il s'avérait plus tard que le sceau était
un faux, nous voulions que le revendeur de Toronto nous garantisse
que nous serions remboursés, et il a accepté. Il
avait sans doute obtenu lui-même cette garantie de la part
de son client. Toute cette affaire m'a permis d'apprendre que
les marchands d'oeuvres d'art s'escroquent couramment entre eux
quand ils en ont la possibilité, mais qu'une fois qu'un
marché est conclu, leur réputation est en jeu,
de sorte que leur parole fait office de caution. Quoi qu'il arrive,
nous étions complètement protégés,
que le sceau soit authentique ou non, et de toute façon,
les sommes engagées n'étaient pas colossales.
- Et maintenant, que se passe-t-il ? Faut-il que vous repartiez
de zéro ? Que vous trouviez quelqu'un d'autre pour
vous représenter ? Où est le sceau, maintenant ?
- À Toronto, j'imagine. Elton était censé
avoir tout réglé vendredi dernier, jour où
il est allé à Toronto ; il devait y retourner
cette semaine pour y prendre livraison du sceau. Le premier ministre
devait dévoiler toute l'histoire au cours d'une conférence
de presse, deux jours environ avant les élections. Rien
n'a changé sur ce point, mais il faut que nous trouvions
quelqu'un d'autre pour aller chercher le sceau. J'ai parlé
aux autres ce matin quand j'ai entendu les nouvelles, et nous
avons convenu qu'effectivement, ça ne changeait rien,
sauf qu'il nous fallait un autre coursier pour aller à
Toronto, quelqu'un de discret. J'en viens donc au fait, Charlie :
ça ne vous dérangerait pas d'y aller ? J'irais
bien moi-même, mais j'ai renoncé à prendre
l'avion, et en train, c'est toute une expédition. Il me
faudrait plus d'une semaine pour faire l'aller-retour. J'ai pensé
que ça vous amuserait.
Comme il était privé de la compagnie de Fehely,
Salter avait quelques jours de libres devant lui.
- C'est entendu, répondit-il. Quand dois-je partir ?
- Je ne suis pas sûr. Elton avait tout organisé
par téléphone ; je vais donc appeler le revendeur
de Toronto demain pour fixer le jour et l'heure. Merci, Charlie.
Pauvre Clive. Il était aussi excité qu'un philatéliste
qui trouve un Penny Black. Quand toute cette histoire aurait
été révélée au grand public,
il serait devenu célèbre. Dans la région,
en tout cas. Mais rien n'est encore joué pour ce qui concerne
les élections.
- Sans Elton, comment allez-vous authentifier le sceau une fois
que je l'aurai rapporté ?
- Nous allons devoir faire confiance au gars de Toronto. N'oubliez
pas que nous ne le paierons que lorsque nous serons certains
de l'authenticité du sceau, mais l'argent n'est pas notre
principal souci : nous ne voulons pas nous couvrir de ridicule
plus tard. S'il s'agit d'une... Comment avez-vous dit, déjà ?...
D'une arnaque, ça pourrait nous retomber sur le nez. Mais
je ne vois pas comment on pourrait se faire avoir. Nous allons
vérifier qu'il n'a pas été volé,
même si le revendeur de Toronto nous l'a déjà
garanti. Nous allons trouver un autre expert pour établir
sa valeur, juste pour être sûrs, et ensuite, nous
laisserons le Conseil du patrimoine y jeter un coup d'oeil en
leur faisant jurer le silence. Ils vont adorer ça. Et
après, nous révélerons toute l'affaire.
- Quand saurai-je la date du rendez-vous à Toronto ?
- Je vous appellerai demain après avoir parlé au
revendeur. Restez discret, Charlie. Vous pouvez le dire à
Annie, bien sûr, juste pour qu'elle sache que vous ne retournez
pas à Toronto pour voir votre maîtresse, mais n'en
parlez à personne d'autre. Même ma femme n'est pas
au courant.
Oui, mais pas pour des raisons de sécurité,
pensa Salter, juste parce que tous ces mystères t'amusent
vraiment beaucoup.
- Entendu, je lui dirai que des agents du gouvernement - c'est-à-dire
vous - m'envoient en mission secrète. Elle va mourir de
rire...
© 2006 Éditions
Alire pour la traduction française
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