(Extrait de la première partie, La vie sur le Vieux
Continent, p. 29-41)
Un coup frappé à la porte fut suivi d'une voix
qui annonçait que le dîner serait prêt dans
dix minutes. Salter réveilla Annie, puis ils se rendirent
à la salle à manger, qui était déjà
presque pleine. Un serveur brun, très bel homme, les guida
vers une table mise pour deux personnes et demanda :
- Dîner ?
- Pourrions-nous voir le menu ?
- Pas de menu, répondit-il. Dîner ?
À la table voisine, une femme se pencha :
- Faites-leur confiance, fit-elle derrière ses épaisses
lunettes.
Son commensal opina du chef.
La soupe, délicieuse, fut suivie de tranches de pattes
de veau accompagnées d'un riz jaune légèrement
collant.
- Osso buco, annonça Cul-de-bouteille. Jarrets de veau.
Et risotto.
Les Salter s'empiffrèrent avec entrain. Pour dessert,
ils eurent du sorbet.
- Miam-miam, s'exclama joyeusement Annie.
Une fois encore, ils furent invités à prendre le
café dans le salon réservé aux clients de
l'hôtel qui, supposaient-ils, allait être aussi comble
que la salle à manger, mais seule la dame aux épaisses
lunettes et son mari les y suivirent. Le café était
un espresso.
- Vous voulez savoir où vous êtes tombés
? demanda leur nouvelle compagne une fois qu'ils furent assis
à déguster leur café. Vous êtes à
la table qui a le meilleur rapport qualité/prix des Midlands,
pour qui aime la cuisine florentine. (Ses loupes lancèrent
des éclairs.) Ils servent un menu fixe. Surprise du chef !
Et quelles surprises, Seigneur ! Hier soir, on a eu des
spaghetti carbonara avec des rognons de veau au marsala. J'ai
cru que mon mari allait s'évanouir, n'est-ce pas, Henry ?
Henry acquiesça.
- C'est vrai, admit-il.
- Et au dessert, un truc au chocolat à damner un saint.
J'en étais sur les genoux, hein, Henry ?
- C'est vrai, fit Henry, qui s'apprêtait à poursuivre.
Elle le coupa.
- Au petit déjeuner, on nous sert un caffè latte
géant et des petits pains tout chauds, si on veut. Si
vous voulez des saucisses et du pain frit, vous devriez quitter
l'hôtel dès ce soir, et bon débarras !
Salter se demanda s'il allait passer toutes ses soirées
des trois semaines suivantes à être diverti par
d'excentriques bavards dans les salons des hôtels. La perspective
n'était pas déplaisante.
- Où sont tous les autres ? s'enquit-il, plus pour maintenir
Cul-de-bouteille sur sa lancée que par intérêt
réel.
À partir du nez et en descendant, c'était une femme
séduisante d'environ quarante ans. Elle portait une robe
de lainage rouge foncé et des souliers assortis ;
elle avait des seins pointus et des jambes minces et musclées.
Seules ses lunettes et la difficulté d'établir
un contact visuel avec elle rendaient gênants les premiers
échanges sociaux.
- Il y a très peu de clients, en ce moment, répondit-elle.
Juste nous et une jeune Américaine. Oh, et une dame canadienne,
une certaine madame Rundstedt. Enfin : je crois qu'elle
est Canadienne. J'essaie de savoir. Tous les autres sont des
gens du coin attirés par la bonne table. Ils ne prennent
pas de réservation pour le restaurant, alors tous les
soirs, il y a une file, dehors, dès sept heures. Premier
arrivé, premier servi. Il n'y a qu'un seul service.
- Cela fait longtemps que vous êtes là ? demanda
Annie.
- Une semaine. On est arrivés ici par hasard l'année
dernière, comme vous, et nous sommes revenus cette année
simplement pour manger pendant quelques semaines après
un hiver de haute cuisine à Watford, où
nous demeurons. Vous n'êtes pas Anglais, je me trompe ?
- Non.
- Américains ?
- Non.
- C'est bien ce que je pensais.
Une pause s'intercala.
- Nous sommes Canadiens.
- Ah. Voilà qui clôt le sujet, alors. Mais laissez-moi
vous parler de cet établissement. Il est tenu par un homme
sur lequel j'ai des doutes, hein, Henry ? Il a un accent
vraiment curieux, qu'il croit distingué. Mais, en réalité,
c'est le genre d'accent qu'affectionnent les commissaires des
navires de croisière et les maîtres de cérémonie
des camps de vacances : très affecté. Cependant,
je ne suis pas sûre de ce qu'il affecte. Il est peut-être
Australien. Sa femme, que vous connaissez déjà
j'étais ici, au salon, lorsque vous êtes arrivés
, est Italienne. Son frère ne parle pas un mot d'anglais.
C'est lui qui assurait le service, ce soir.
Personne ne dit mot pendant quelques instants. Puis :
- C'est tout ce que vous avez pu découvrir ? demanda Salter.
- Votre mari est ironique, répondit-elle à Annie.
Mais ça m'est égal : je suis très curieuse,
et c'est mon principal plaisir dans la vie. N'est-ce pas, Henry ?
- Quels sont vos autres plaisirs ? s'informa Annie. Au fait,
peut-être aimeriez-vous savoir qui nous sommes ?
Elle se présenta donc, ainsi que Charlie, à l'autre
couple.
- Je m'appelle Maud Beresford, reprit aussitôt après
la femme. Et voici mon mari, Henry. Henry est médecin,
hein, Henry ? Mais il passe son temps à jouer avec
des rats dans un laboratoire.
- Je suis psychologue, expliqua Henry.
- Il est en train de vous évaluer, en ce moment même,
signala Maud. Mais il ne dit jamais ce qu'il sait. Pas comme
moi.
Henry alluma une pipe. Il portait des vêtements de survie :
un pantalon de tissu épais, une veste de tweed sur un
chandail épais, une chemise kaki, une cravate de laine
à motif cachemire et des souliers à lacets de cuir
et à semelles doubles.
- Je suis en vacances, ma chère, objecta-t-il en envoyant
promener d'une chiquenaude les flammèches qui tombaient
sur son pantalon. Et d'ailleurs, je m'intéresse aux comportements
typiques. Je ne suis pas psychiatre.
- Et vous, que faites-vous ? demanda Maud à Salter, en
interrompant Henry.
- Je suis superviseur de l'entretien à la Commission des
transports de Toronto, répondit-il. La compagnie des bus,
expliqua-t-il.
- Je n'en crois pas un mot. Et vous, Annie ?
- Moi ? Je suis femme au foyer.
Maud les regarda à tour de rôle.
- À mon avis, vous êtes deux amants clandestins
en cavale, affirma-t-elle. Ne vous en faites pas : si vous
restez encore deux jours, je finirai par tout savoir sur vous.
Allez, viens, Henry. Allons nous coucher. Ce fut une journée
bien monotone, exception faite de l'osso buco et des mystérieux
Salter. On se revoit au petit déjeuner.
Henry leur adressa un clin d'oeil et la suivit.
- Qu'en penses-tu ? s'enquit Salter une fois que la porte fut
refermée. Est-ce qu'on doit quitter l'hôtel tout
de suite ou est-ce qu'on attend demain matin ?
- Pourquoi, Charlie ? Je les trouve amusants, pas toi ?
- Oh, oui, bien sûr. Mais il lui faudra à peine
cinq minutes pour me démasquer. Et après, elle
va le raconter à tout le monde.
- Tu ferais mieux de t'entraîner pour que ton histoire
soit crédible, tu ne crois pas ? Pour une fois, c'est
à toi d'être de l'autre côté de la
barrière. (Elle rit.) Je me sens toute gaie ; c'est
le moment d'aller au lit...
Un dernier petit verre semblait s'imposer pour couronner la journée ;
ils le prirent en se déshabillant. Leur conversation avec
Maud avait laissé Salter dans une humeur absurde et lorsqu'il
finit son verre, il enleva ses vêtements et se pencha vers
Annie, qui était déjà sous les couvertures.
- Nancy, tonna-t-il avec ce qu'il imaginait être la voix
de son personnage de fiction préféré, Bill
Sikes, joué par Robert Newton, Nancy, je veux ton corps.
- Chut, lui intima Annie.
Salter, surpris, s'arrêta net. Annie désigna la
fenêtre dont les rideaux étaient tirés et
mit un doigt sur ses lèvres.
- Nancy, tonitrua-t-il derechef. Je suis venu pour toi !
Il s'interrompit de nouveau quand il entendit quelqu'un glousser
dehors. On les espionnait. Il se remit à déclamer
mais, cette fois, il s'avança vers la fenêtre tout
en parlant.
- Tu m'as évité toute la journée, Nancy,
bramait-il, et je suis venu réclamer mon dû, vois-tu.
Tu sais ce que j'aime avant d'aller faire un p'tit cambriolage,
alors laisse-moi te posséder.
D'un bond, il atteignit la fenêtre ; il tira brusquement
le rideau, juste à temps pour voir une ombre disparaître
au coin de la maison.
- Seigneur, lâcha-t-il. Un vrai voyeur. Je ferais mieux
d'avertir le patron. Demain.
Il referma les rideaux et alla vérifier que la porte était
verrouillée. Il revint se coucher dans la peau de son
vrai personnage.
- Tu penses que c'était Maud Beresford ? demanda-t-il
en attirant Annie à lui.
***
Le lendemain matin, il s'avéra que Maud avait légèrement
exagéré : il y avait bien du caffè
latte au petit déjeuner, mais on leur proposa aussi
des oeufs et du bacon, et Salter commanda un peu de tout. Les
Beresford se joignirent à eux à une table pour
quatre et Maud reprit son enquête.
- Est-ce que les superviseurs de l'entretien de la compagnie
des bus ont droit à quatre semaines de vacances chaque
année ? s'informa-t-elle après avoir préparé
le terrain au moyen de quelques questions préliminaires.
- On peut les accumuler, expliqua Salter. On peut ajouter nos
heures supplémentaires à nos congés annuels
réglementaires.
Les yeux de Maud parcoururent Annie, évaluant ses chaussures
et ses bijoux.
- Hum, fit-elle. Quels sont vos projets pour aujourd'hui ? Vous
ne partez pas tout de suite, j'espère ?
Annie et Charlie avaient abordé le sujet le matin même
dans leur chambre. Cela faisait presque une semaine qu'ils étaient
coincés dans leur voiture sous la pluie, et Annie avait
envie de se poser un peu. Le ciel était toujours couleur
ardoise, mais il ne pleuvait pas pour le moment. Elle avait donc
proposé qu'ils profitent de leur chance et restent quelques
jours à Boomewood pour explorer la campagne environnante
pendant la journée. Salter avait accepté. Maintenant
qu'ils étaient en Angleterre, Annie, qui avait fait ses
devoirs, avait une foule de jardins, maisons et châteaux
à voir. Mais Salter ne savait pas ce qui le tentait, lui.
Ou, plutôt, il ne le savait que trop bien : il voulait
ne rien faire, écumer les pubs et se laisser vivre, bavarder
avec les gens du coin pendant qu'Annie ferait ses visites. Pour
résumer, il voulait errer dans Soho pendant qu'Annie visitait
la Royal Academy. Tant qu'il pleuvait, il n'y avait pas de conflit,
mais Annie ressortait maintenant ses guides touristiques. Dès
qu'ils prendraient possession de leur nouvelle voiture, elle
aurait des projets.
- Si la chambre est libre, je pense que nous pourrions rester
ici quelque temps, dit Annie.
- Bien, fit Maud. Quels sont vos projets pour aujourd'hui ?
Ils lui expliquèrent leur problème de voiture,
et Annie mentionna son désir de voir certains célèbres
jardins des environs.
- Mais permettez-nous donc de vous emmener avec nous ! s'écria
Maud. Laissez-le s'occuper de la voiture. (Elle montrait Salter
du doigt.) Nous voulons voir les jardins, nous aussi, mais nous
avons besoin d'un guide, n'est-ce pas, Henry ? Vous vous
y connaissez en fleurs ? Je ne connais que les jonquilles
et les géraniums, mais j'adore le parfum des fleurs. Henry
aussi. Allons-y tous les trois et laissons donc le superviseur
de la maintenance marchander avec le garagiste.
Salter et Annie échangèrent deux ou trois coups
d'oeil et, tacitement, convinrent que cela paraissait un bon
plan et que Maud, au moins, était d'une compagnie distrayante
en dépit de ou grâce à sa curiosité
compulsive ; ils donnèrent donc leur accord. Il était
prévu que les Beresford déposent Salter et qu'ils
partent ensuite avec Annie voir les jardins. Ils devaient rentrer
à Boomewood dans l'après-midi ; dans l'intervalle,
Salter était libre de faire ce qui lui chantait, y compris
les suivre si l'auto de rechange était arrivée.
C'était parfait. Tokesbury Mallett semblait se prêter
tout juste à une petite tournée pédestre
de quelques heures ; un déjeuner au pub par-dessus
ça ferait tout à fait son affaire.
Ils furent interrompus par l'arrivée du serveur, un jeune
homme blond d'environ dix-sept ans.
- Ah ! s'écria Maud. Voici notre Lèche-botte...
- Et voilà, messieurs dames. Je suis vraiment désolé
de vous avoir fait attendre. Oeufs et bacon pour vous, monsieur.
Attention à l'assiette, elle est très chaude. Caffè
latte pour tout le monde. N'en renversez pas sur votre joli
ensemble, m'dame. Et des petits pains, tout frais, tout chauds
! Du beurre ? Oh, je suis désolé ; je
reviens tout de suite. Voilà, je vais vous donner le beurre
de la table voisine. Autre chose, messieurs dames ? Marmelade ?
Confiture ? Ketchup, monsieur ? Je sais que vous autres,
Américains, vous en mettez sur quasiment tout. Un peu
de sauce Worcestershire, monsieur ? Non ? Je vais vous
laisser, alors. N'hésitez pas à m'appeler, je suis
juste à la cuisine.
Un vrai morceau d'anthologie : du Uriah Heep joué à
contre-emploi par Michael York. Prononcés avec l'accent
du coin, les propos mielleux de ce joli jeune homme étaient
gluants comme de la mélasse.
- Qui est-ce ? demanda par réflexe Annie à Maud.
- C'est Gregory, répondit Maud. Gregory est un apprenti
électricien qui vit dans une chambre au-dessus du garage
et qui paie sa pension en faisant de petits boulots, notamment
le service en salle, quand les travaux d'électricité
se font rares. Notre hôtesse l'a pris en pitié quand
sa mère est partie sans laisser d'adresse il y a un an,
probablement pour se débarrasser de lui, d'ailleurs. Seule
une étrangère ne se rendrait pas compte que, de
nos jours, de telles manières doucereuses ne sont pas
normales chez un jeune Anglais.
- C'est peut-être un Tweedledee déguisé en
Tweedledum, observa Annie.
- Un quoi ?
Annie expliqua sa remarque.
- C'est une bien jolie théorie. Et assez vraie, d'ailleurs,
n'est-ce pas, Henry ?
Henry, qui essayait de lire clandestinement le journal, leva
les yeux.
- Je te l'ai dit, ma chère : Gregory est probablement
un cas extrême de « manque de confiance en soi
chez le connard », rétorqua-t-il.
- De quoi ? firent en choeur Annie et Salter.
Pour la première fois, Maud eut l'air décontenancée.
- Henry se retranche parfois derrière son jargon de psychologue,
protesta-t-elle. Ah ! regardez ! Notre amie américaine...
La jeune fille qui s'asseyait à une table individuelle
aurait eu l'air à sa place dans n'importe quel campus
américain du dernier quart de siècle : chandail
à col roulé noir, kilt, collant de laine noir et
mocassins bon marché. Presque la même mise vestimentaire
que la première fille à laquelle Salter avait conté
fleurette lors de son bref passage au collège. Ils la
regardèrent déjouer les tentatives que faisait
Gregory pour lui arracher un sourire pendant qu'il prenait sa
commande.
- Elle est amoureuse de Mario, affirma Maud. Le serveur d'hier
soir. À mon avis, il a toutes les filles qu'il veut. Et
voilà qu'arrive votre compatriote, madame Rundstedt.
Une femme dans la quarantaine pénétra dans la salle
à manger avec la démarche délicate d'une
jeune fille. Elle avait un visage minuscule surmonté de
cheveux roux crépus qui remontaient de chaque côté
à un angle de quarante-cinq degrés, dans le style
égyptien. Elle était pourvue d'une énorme
poitrine qui reposait sur ses bras tandis qu'elle parlait à
Gregory.
- Un peu mystérieuse, comme vous, commenta Maud. En vacances,
apparemment, mais je l'ai vue en ville ; elle avait l'air
de très bien s'entendre avec de mystérieux inconnus,
dans les pubs.
- Mais pas avec toi, ma chère, riposta Henry.
- Non, reconnut Maud. Je dirais même qu'elle m'évite.
- Bon, ça y est ? lança Salter. On peut y aller
?
Pendant que chacun allait chercher imperméables et appareils
photo, Salter se mit à la recherche de leur hôte.
Il le trouva dans un petit bureau sombre au bout du couloir du
rez-de-chaussée ; c'était un homme qui approchait
des soixante ans, portant une grande barbe grise et des lunettes
à monture d'écaille. Il était vêtu
d'une chemise à grosses rayures ornée d'une cravate
club, sous un gilet de laine.
- Tout est à votre satisfaction, monsieur ? s'informa-t-il
après que Salter se fut présenté.
- Tout est parfait, répondit Salter, qui expliqua alors
le motif de sa visite.
- Un voyeur, hein ? Personne ne s'en est jamais plaint. Ne pourrait-il
pas s'agir d'une méprise, monsieur ?
- Non, répliqua Salter qui prit note mentalement du mensonge
de son interlocuteur.
Était-ce un réflexe pour défendre la vertu
de son établissement ?
- Nous resterons vigilants, dans ce cas, répondit le patron,
qui attendait que Salter s'en aille.
- Aimeriez-vous que je mentionne cet incident à la police
de Tokesbury ? proposa Salter. Je vais rendre visite à
l'inspecteur ce matin.
- Non, non. Ce n'est pas nécessaire. Je m'en occupe. Vous
avez une relation professionnelle avec la police, monsieur ?
- Non, pas du tout, rétorqua Salter, surpris par le caractère
direct de la question.
Il raconta son accident.
- Oui, bien sûr. Maria me l'a dit. Pas de chance. Ne vous
inquiétez pas. Vous êtes assuré, bien sûr ?
Salter hocha la tête.
- Bien, fit l'homme, qui retourna à son bureau.
Salter était légèrement intrigué
par son hôte, qui semblait préférer cette
caverne tapie au fond du hall aux salles publiques de l'hôtel.
Il avait été poli avec Salter, mais peu expansif.
Le coin n'était pas suffisamment animé pour qu'il
fût possible de faire fortune avec un bar. Mais quand
on est marié à une séduisante Italienne
de vingt ans sa cadette, on peut s'en remettre à elle
pour satisfaire la clientèle, songea Salter. Surtout
si elle est aussi fine cuisinière...
© 2005 Éditions
Alire pour la traduction française
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