
Illustration : Émilie Léger |
La femme traîne un lourd passé. Toute sa vie, elle a été prisonnière d’un corps handicapé, malade, inapte. Un corps qui a toujours été pour elle un frein, un poids et à cause duquel elle n’a jamais connu l’amour charnel, ni même la chaleur humaine ou l’amitié.
Jusqu’à cette greffe, de laquelle elle récupère lentement dans ce « tout inclus » médical, entourée de professionnels hyperqualifiés, mais froids. À l’exception de cet homme du service informatique de la clinique, si parfait, prévenant, empressé.
Même si elle ne comprend pas pourquoi il l’aime, et même si elle ne saisit pas toujours ses allusions à un passé commun dont elle n’a aucun souvenir, elle est heureuse dans ses bras, dans sa chaleur.
À un tel point qu’elle se demande si elle le mérite vraiment. Mais une chose est certaine : ce qu’elle a acquis grâce à cette greffe, elle est prête à tout pour le conserver, même quand ce « tout » devient de plus en plus pénible à supporter.
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